La retraite à 67 ans ?

Publié le 23/09/2011
François Fillon a entrouvert la porte hier à un nouveau recul de l'âge de la retraite au nom de la « convergence sociale » entre la France et l'Allemagne.
La retraite à 67 ans ?
La retraite à 67 ans ?
François Fillon a entrouvert la porte hier à un nouveau recul de l'âge de la retraite au nom de la « convergence sociale » entre la France et l'Allemagne.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 23 Septembre 2011 / IG /

 

 

La déclaration de Fillon a pris de court les syndicats. Photo AFP

Le Premier ministre s'est attiré hier une volée de bois vert de la part de l'opposition et de syndicats. Lors de la remise d'un prix à Matignon, le Premier ministre est sorti de son discours pour se livrer à un plaidoyer en faveur des convergences fiscale et sociale entre Paris et Berlin. « Il faudra aller vers un temps de travail commun, il faudra aller vers un âge de retraite commun, il faudra aller vers une convergence progressive de l'organisation économique et sociale de nos deux pays, car c'est la clef de la survie et du développement de la zone euro et du continent européen », a prévenu François Fillon.

L'âge de la retraite en Allemagne va passer graduellement de 65 à 67 ans, en vertu d'une réforme votée en 2007 et destinée à éviter l'écroulement d'un système mis à mal par une espérance de vie toujours plus longue et un rétrécissement de la population active. Le recul de l'âge de la retraite se fera toutefois très progressivement, pour atteindre effectivement 67 ans aux alentours de 2030.

La réforme française des retraites, entrée en vigueur en juin 2011, prévoit pour sa part un recul de 60 à 62 ans de l'âge légal de cessation d'activité.

La déclaration inattendue de Fillon, trois mois après l'entrée en vigueur de la réforme menée par l'ancien ministre du Travail Eric Woerth, a désagréablement surpris chez les syndicats. « On s'opposera bien entendu à toute velléité d'augmenter de nouveau l'âge de départ en retraite ou d'augmenter la durée de cotisation », menace Eric Aubin (CGT). « C'est une déclaration très inopportune et provocatrice », déplore à la CFDT Jean-Louis Malys. Philippe Pihet (FO), prévient qu'« on ne peut pas avoir une protection sociale self-service en prenant les options européennes qui tirent vers le bas ». Les candidates à la primaire socialiste, Martine Aubry et Ségolène Royal, ne sont pas en reste. « Cette obsession à s'aligner sur le bas au lieu de s'aligner sur le haut, c'est un vrai problème », regrette Royal. Aubry accuse quant à elle Fillon d'avoir « un problème avec la réalité des chiffres ».