La retraite nouvelle formule

Publié le 16/06/2010
Annoncée il y a un an par le président de la République, la réforme de la retraite est présentée ce matin. En version encore amendable.
La retraite nouvelle formule
La retraite nouvelle formule
Annoncée il y a un an par le président de la République, la réforme de la retraite est présentée ce matin. En version encore amendable.

L'Est Républicain, Mercredi le 16 Juin 2010 / Ouverture France-Monde

 

La «bagarre» aura-t-elle lieu? Photopqr/Gael CORNIER

Fin de la retraite à 60 ans et départs progressivement plus tardifs pour générer des cotisations plus longues et rééquilibrer les besoins financiers des régimes de retraites. Après avoir arrêté les derniers réglages hier en début de soirée à l'Élysée avec le Premier ministre François Fillon, partisan d'un départ lentement repoussé à 63 ans et le président de la République Nicolas Sarkozy plus enclin à s'arrêter à 62 ans pour ne pas entamer ses chances de réélection en 2012, le ministre du Travail Éric Woerth dévoile à 8 h 30 ce matin les grandes mesures.

Éviter un revirement

Il est aussi attendu sur l'évolution du taux de cotisation des fonctionnaires qui pourrait augmenter pour se rapprocher du taux du régime général, et sur la pénibilité de certains métiers que les syndicats voudraient voir reconnue pour que ceux qui travaillent le plus dur puissent partir plus tôt.

Inquiet d'un possible revirement de l'opinion publique qui l'a jusqu'à présent suivi, le gouvernement prend soin d'expliquer que cette première version reste encore « amendable », et qu'il est prêt à écouter les critiques jusqu'à la fin de la semaine. Il veut surtout éviter un trop violent rapport de force avec les partenaires sociaux qui redoutent de ne pas avoir été entendus et font monter la pression pour conserver le principe du départ possible dès 60 ans.

La retraite à 60 ans reste au coeur de la nouvelle journée de mobilisation du 24 juin à laquelle appelle l'intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires) pour faire modifier le texte avant sa présentation le 13 juillet en Conseil des ministres. « Le 24, c'est le tout ou rien » convient Jacques Voisin (CFTC) : ou la mobilisation demeure faible, et le gouvernement fait passer sa version initiale. Ou les syndicats regagnent l'opinion, reviennent en force à la rentrée lorsque le projet de loi arrivera devant le Parlement et peuvent alors faire infléchir certaines mesures. FO n'exclut d'ailleurs plus de refaire cause commune : Jean-Claude Mailly annonce qu'il sera de la « bagarre ». Mais elle n'est pas encore gagnée.

J.-L. D.