La rue ne bat pas en retraite

Publié le 12/10/2010
Les syndicats escomptent une forte mobilisation aujourd'hui pour la quatrième journée de manifestations et de grèves contre la réforme des retraites.
La rue ne bat pas en retraite
La rue ne bat pas en retraite
Les syndicats escomptent une forte mobilisation aujourd'hui pour la quatrième journée de manifestations et de grèves contre la réforme des retraites.

 

Des grévistes pourraient faire la jonction avec la journée de samedi.

(Photo M. CUGNOT -- MAXPPP)

Les syndicats escomptent une importante mobilisation aujourd'hui contre la réforme des retraites, forts d'un soutien important de l'opinion, d'après les derniers sondages, et des nombreux préavis de grèves, dont certaines sont reconductibles.

Convaincue du caractère injuste de la réforme dont la mesure phare est le recul à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite, l'intersyndicale a déjà appelé à une cinquième journée de mobilisation, samedi, pour tenter d'infléchir la volonté gouvernementale.

Pour François Chérèque (CFDT), cette semaine, « c'est une des dernières occasions de faire reculer le gouvernement ». Il mise davantage sur les cortèges que sur les grèves, « la grande majorité des salariés » n'ayant pas « les moyens de se payer des journées de grève à répétition », a-t-il dit dimanche sur France Inter.

Les jeunes seront-ils là ?

Jean-Claude Mailly (FO), hier sur RMC, a exhorté le gouvernement à ne pas parier sur un affrontement avec les syndicats. « Ce ne serait pas responsable dans une démocratie qu'un gouvernement parie sur un affrontement avec les risques que ça peut comporter. »

Un risque que souligne de façon inverse la présidente du Medef, Laurence Parisot, en mettant en garde contre « la dégradation très préjudiciable » de la réputation de la France.

Outre les transports (lire ci-dessous), la mobilisation et la grève dans les ports et les raffineries, qui fait planer la menace d'une pénurie d'essence, peuvent influer la nature du mouvement.

Autre inconnue : la présence des lycéens et des étudiants, jusqu'ici relativement discrets dans le mouvement social. FO y est largement favorable, contrairement à la CFDT notamment qui redoute une instrumentalisation de la jeunesse. Néanmoins, cette présence semble inquiéter l'exécutif, le conseiller social de l'Élysée, Raymond Soubie estimant « totalement irresponsable que des adultes en situation de responsabilité dans certaines organisations invitent les lycéens » à manifester.

Les reconductions possibles de grèves dans certains secteurs, comme énergie et transports, pourraient faire la jonction avec la nouvelle journée de manifestations samedi 16 octobre, occasion pour d'autres personnes concernées par les retraites d'exprimer leurs opinions, sans perdre une journée de travail.