Le 1er-Mai utilisé pour l'attaque frontale

Publié le 24/04/2012
En annonçant un rassemblement à Paris le 1er mai pour défendre le «vrai travail», Sarkozy s'est attiré les foudres de la gauche et des syndicats.
Le 1er-Mai utilisé pour l'attaque frontale
Le 1er-Mai utilisé pour l'attaque frontale
En annonçant un rassemblement à Paris le 1er mai pour défendre le «vrai travail», Sarkozy s'est attiré les foudres de la gauche et des syndicats.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 24 Avril 2012 / IG /

 

 

Le 1er-Mai, terrain habituel de la gauche et des syndicats, sera investi cette année par le candidat de la droite. Photo archives Clotilde VERDENAL

devancé par François Hollande, Nicolas Sarkozy (27,18 % des voix) a commencé hier sa campagne pour le second tour en annonçant un rassemblement à Paris le 1er mai pour défendre « l e vrai travail », lançant ainsi un défi à la gauche et aux syndicats, habitués de ce rendez-vous annuel.

Il s'inscrit ainsi dans une stratégie d'opposition frontale à la gauche et de séduction des électeurs du Front national, dont il a besoin pour se faire réélire, alors que Marine Le Pen brocarde régulièrement l'assistanat et les syndicats, elle aussi. Car pour se faire réélire, Sarkozy, dont le rassemblement du 1er mai aura lieu au Champ-de-mars, a besoin des voix d'une grande partie des électeurs de Le Pen (17,90 %) comme de Bayrou (9,13 %).

«Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille», a déclaré Sarkozy.

Depuis le début de sa campagne, le président-candidat, qui a dénoncé les «corps intermédiaires» et s'est posé en défenseur de la «valeur travail» par opposition à «l'assistanat», s'en est pris à plusieurs reprises à la CGT et à la CFDT, qu'il a accusées de «faire de la politique» plutôt que de «défendre les intérêts des salariés».

La CFDT a jugé «inquiétante» la tentative de «responsables politiques» de «s'autoproclamer uniques représentants des travailleurs» et de vouloir «détourner l'objet» du 1er-Mai alors que l'intersyndicale (CFDT, CGT, Unsa, Solidaires et FSU) a appelé à des mobilisations unitaires pour «faire entendre les priorités sociales», notamment l'emploi. En déplacement à Quimper, François Hollande a souligné qu'il n'entendait pas faire du 1er-Mai «une fête des uns contre les autres». Ce à quoi Sarkozy a rétorqué depuis Saint-Cyr-sur-Loire qu'il avait lui aussi «le droit de parler du travail» : «Je ne savais pas que le 1er mai avait été privatisé par le Parti socialiste», a-t-il ironisé.

L'équipe du candidat socialiste a enchaîné. Bernard Cazeneuve, son porte-parole, a estimé que plutôt que de «diviser les Français avec sa «fête du vrai travail», Sarkozy serait «tout à fait fondé à organiser la fête du vrai chômage, compte tenu de son bilan».

«Une honte»

«C'est vraiment une honte d'utiliser le 1er mai», a réagi la numéro un du PS, Martine Aubry, soulignant que Sarkozy avait «augmenté d'un million» le nombre de chômeurs sur son quinquennat, alors, a-t-elle dit, «à sa place, je ferais profil bas».

Quatrième homme de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon (11,1%), a parlé d'«une radicalisation du combat» par Nicolas Sarkozy, voyant dans les manifestations unitaires «le meilleur antipoison dont on dispose». «Jusqu'à présent, il n'y avait que les fachos qui faisaient ça le 1er mai et nous, on faisait le cortège, quand il y en a, avec les syndicats», a fait valoir le candidat du Front de gauche, s'en prenant en même temps à Marine Le Pen dont le FN organise depuis les années 80 un hommage à Jeanne d'Arc ce jour-là.

Du côté des écologistes, le sénateur Jean-Vincent Placé (EELV), soutien d'Eva Joly (2,3%), a aussi dénoncé une «provocation préméditée.