Le blues des enseignants

Publié le 10/02/2011
Un appel à la grève est lancé pour aujourd'hui dans l'Education nationale contre les suppressions de postes. Les écoles et les collèges seront les plus touchés.
Le blues des enseignants
Le blues des enseignants
Un appel à la grève est lancé pour aujourd'hui dans l'Education nationale contre les suppressions de postes. Les écoles et les collèges seront les plus touchés.

Vosges Matin, Jeudi le 10 Février 2011 / France / PARIS

La Lorraine est la région la plus durement touchée par les suppressions de poste d'enseignants : moins 841 à la rentrée 2011. (Photo Patrick JAMES -- Maxppp)

La grève prévue aujourd'hui dans l'Education nationale, la première depuis la participation des enseignants à l'automne aux journées contre la réforme des retraites, vise à dénoncer les 16 000 suppressions de postes de la rentrée 2011 que les établissements commencent à connaître.

La grève est organisée au niveau national à l'appel de la FSU, la CGT et Sud, mais dans plusieurs départements comme Paris l'ensemble des syndicats se sont joints au mouvement. Le FEP-CFDT, principal syndicat du privé, appelle également à la grève dans tout le pays.

Dans le primaire, entre un enseignant sur cinq (selon le ministère) et un sur trois (selon le syndicat SNUipp-FSU) sera en grève, ce qui entraînera des fermetures d'écoles et certaines auront un service minimum d'accueil (SMA). A Paris, 208 des 662 écoles seront « concernées » par le SMA, selon le rectorat.

Les chiffres de grévistes pour le secondaire seront connus aujourd'hui.

Des manifestations sont prévues dans plus de 70 départements. A Paris, le cortège partira à 14 h 30 du Luxembourg pour le ministère de l'Education nationale.

Cette grève intervient au moment où les établissements scolaires prennent connaissance des suppressions de postes qu'ils subiront à la rentrée 2011.

Occupations d'écoles, mouvements devant les rectorats... le sujet est cependant si sensible que les écoles primaires ne connaîtront chacune leur sort qu'après les élections cantonales de mars.

Le budget 2011 va il est vrai toucher surtout écoles et collèges, alors que la France consacre au primaire moins que la moyenne de l'OCDE, et pour la première fois une hausse du nombre d'élèves par classe est envisagée.

Les « inquiétudes »des parents d'élèves

Indicateurs que la situation est tendue, les syndicats de l'éducation ont boycotté en janvier les voeux du chef de l'Etat et la Peep, fédération de parents d'élèves d'ordinaire peu sévère à l'égard du gouvernement, vient pour la première fois de manifester son « inquiétude » à l'égard des suppressions de postes et de la « dégradation des conditions d'enseignement ».

Le ministre Luc Chatel répond qu'il y a encore aujourd'hui plus d'enseignants pour moins d'élèves qu'en 1990. Le gouvernement prévoit que les suppressions continuent, au même rythme, en 2012 et 2013.