Le « cri » lancé par les salariés

Publié le 12/10/2011
Syndicats : les manifestations n'ont pas réuni les foules. Ce n'était pas le but non plus
Le « cri » lancé par les salariés
Le « cri » lancé par les salariés
Syndicats : les manifestations n'ont pas réuni les foules. Ce n'était pas le but non plus

© L'Est Républicain, Mercredi le 12 Octobre 2011 / France-Monde

 

Les manifestants réclamaient la fin de l'austérité et la justice fiscale Photo AFP

LE NUMÉRO UN de la CFDT François Chérèque a misé hier, lors de la journée de mobilisation syndicale, sur une « action symbolique » place de la Bourse à Paris, pour dénoncer « l'injustice » du plan anti-déficit du gouvernement qui fait payer les salariés six fois plus que les riches.

Pour cette « flashmob », les militants CFDT ont échafaudé à la mi-journée une colonne de 12 cartons portant chacun l'inscription « 100 millions d'EUR» d'un côté avec en face deux cartons de même valeur, pour souligner la différence entre les 1,2 milliard d'EUR que doit rapporter la taxe sur les mutuelles et les 200 millions attendus de la surtaxe sur les hauts salaires.

« Il s'agit d'un exemple symbolique », a souligné M. Chérèque, « quand les salariés et les retraités vont payer 1,2 milliard de taxes sur leurs mutuelles, les plus fortunés vont payer 200 millions sur leurs impôts ». « C'est la mesure la plus injuste » de ce « premier plan de rigueur que nous impose le gouvernement qui « est disproportionné », a-t-il dit. Il a rappelé que la CFDT « n'a pas souhaité qu'il y ait une mobilisation avec des grèves ». « Aujourd'hui, c'est un message que nous faisons passer au gouvernement » parce que « vraisemblablement il y aura un deuxième plan de rigueur. Il n'est pas question que ce soit les mêmes qui paient ».

« Nous avons voulu lancer un cri » et dire que « nous les syndicats, nous sommes présents et prêts à réagir de manière plus forte si nécessaire dans l'avenir »,

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, lui participait hier à la manifestation interprofessionnelle à Marseille. Il a appelé à la fin de l'austérité parce qu'»il y en marre », et demandé au gouvernement de « changer d'optique ». « Loin de nous sortir de la crise économique, cette austérité salariale, cette précarité sociale vont nous enfermer dans la récession et tout le monde va y perdre », a estimé le syndicaliste, en tête du cortège marseillais, qui a rassemblé entre 5.300 (préfecture) et 30.000 personnes (organisateurs).

270.000 manifestants

La journée interprofessionnelle contre le plan anti-déficits du gouvernement a réuni plus de 270.000 manifestants sur 150 rassemblements partout en France, selon une estimation de la CGT. 200 manifestations étaient organisées pour cette journée de mobilisation à l'appel des syndicats CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires.

Ils étaient ainsi 25.000 à Paris selon la CGT, 16.000 selon la préfecture de police, pour réclamer une autre répartition des richesses. « Une autre répartition des richesses. Pour l'emploi, les salaires et la protection sociale. Ce n'est pas aux salariés de payer la crise », proclamait la banderole de tête du cortège parisien.

FO, qui avait organisé une journée d'information le 20 septembre, s'est abstenue, de même que la CFE-CGC qui a opté pour « consultation nationale » des salariés.