Le grand big bang ferroviaire

Publié le 11/12/2011
SNCF - Les cheminots sont sur le pied de guerre : la majorité des horaires change aujourd'hui
Le grand big bang ferroviaire
Le grand big bang ferroviaire
SNCF - Les cheminots sont sur le pied de guerre : la majorité des horaires change aujourd'hui

© L'Est Républicain, Dimanche le 11 Décembre 2011 / Ouverture France-Monde 
La SNCF et RFF tendent le dos dès aujourd'hui, mais les principales craintes sont pour demain quand des millions de voyageurs vont reprendre le chemin du travail et de l'école. Photo AFP

La SNCF, sur le pied de guerre, va vivre une journée historique ce dimanche avec des grilles horaires presque entièrement remaniées et l'ouverture de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône.

La SNCF et Réseau ferré de France (RFF) se préparent depuis des mois à ce grand bouleversement : communication tous azimuts, nomination d'une médiatrice spécialement pour les horaires, cellule de veille inédite... et pourtant ils sont nombreux à craindre que ce big bang tourne au big bug.

Aujourd'hui marque le début des changements mais le vrai test sera bien pour demain quand 4 millions de « navetteurs » (les usagers qui prennent tous les jours le train pour se rendre sur leur lieu de travail ou leur école), vont étrenner les nouveaux horaires et parfois être confrontés à un temps de parcours allongé.

Ces changements à grande échelle (85 % des horaires des trains modifiés) ont trois raisons essentielles : le développement du cadencement, qui consiste à faire partir les trains à des horaires réguliers, le lancement de la LGV Rhin-Rhône, qui par ricochet a des répercussions sur les autres lignes, et, surtout, la multitude de travaux prévus sur un réseau vieillissant.

Malgré des mois de réunions préalables et quelque 10 millions d'euros investis en communication pour informer les usagers, des associations et élus de régions estiment que ces changements sont imposés de manière trop brusque.

« Ces changements ont été finalement introduits de façon précipitée, sans prendre véritablement en compte les contraintes propres à la vie quotidienne des citoyens », comme les horaires de lycée ou de travail, ont dénoncé le président de l'Association des régions de France, Alain Rousset (PS), et le président de sa commission transports, Jacques Auxiette (PS). Les usagers pointent par ailleurs la suppression de certains trains, la disparition de certaines dessertes, souvent tôt le matin ou tard le soir en raison des travaux.

Grève du billet

Les échos de la grogne, toutes régions confondues, enflent à l'approche de la date fatidique. Une association d'usagers, l'Avuc, a même lancé un mot d'ordre national de grève du billet des voyageurs pour demain matin et prévenu qu'elle n'excluait pas des actions plus spectaculaires par la suite.

Depuis quelques jours, des usagers et élus mécontents ont parfois choisi de bloquer des voies, comme à Blois lundi dernier. Nommé mi-novembre médiatrice dans ce conflit des nouveaux horaires par la SNCF et RFF, l'ancienne secrétaire générale de la CFDT, Nicole Notat, tente de trouver des solutions pour dissiper les points de blocage. Elle a reçu plus de 600 réclamations.

Le mécontentement gagne aussi les conducteurs, comme à Tarbes (Hautes-Pyrénées), où ils sont appelés à la grève à partir de ce soir jusqu'à mardi matin.

De son côté, la SNCF, qui s'est dotée d'une cellule de veille inédite depuis jeudi et jusqu'au 15 janvier, se veut rassurante.

« Il y aura dès lundi une période de rodage des nouvelles habitudes pour nos clients et nos agents. Nous avons jusqu'à fin février pour trouver des solutions pratiques », affirme Guillaume Pepy, président de la SNCF.