Le grand test des retraites

Publié le 27/05/2010
Six syndicats (CGT, CFDT, UNSA, FSU, CFTC et Solidaires) espèrent aujourd'hui une « mobilisation d'ampleur » pour tenter d'influencer la réforme préparée par le gouvernement
Le grand test des retraites
Le grand test des retraites
Six syndicats (CGT, CFDT, UNSA, FSU, CFTC et Solidaires) espèrent aujourd'hui une « mobilisation d'ampleur » pour tenter d'influencer la réforme préparée par le gouvernement

L'Est Républicain, Jeudi le 27 Mai 2010 / Ouverture France-Monde
 

 

La CGT de Bernard Thibault, comme les autres organisations, espère une forte mobilisation pour peser sur les décisions à venir. Photo AFP

C'est un peu la mobilisation de la dernière chance. Alors que les deux précédentes journées d'action des 23 mars et 1er mai ont peu convaincu, l'intersyndicale (CGT, CFDT, UNSA, FSU, CFTC et Solidaires) tente aujourd'hui une « mobilisation d'ampleur » contre la réforme des retraites qu'élabore le gouvernement.

L'objectif est de sortir de l'engrenage fatidique du calendrier du gouvernement

Un nouvel échec de cette journée, boycottée par la CFE-CGC et à laquelle ne se rallie pas FO qui préfère faire cavalier seul avec une journée de grève le 15 juin, laisserait toutes marges de manoeuvre au gouvernement qui joue sur un habile calendrier : difficile pour les syndicats de réveiller leurs troupes et faire basculer l'opinion publique avant le congrès de la CFDT (7 au 11 juin à Tours), voire la Coupe du monde de football (début le 11 juin) et a fortiori les premiers départs en vacances, s'ils n'y sont pas parvenus aujourd'hui. Le gouvernement disposerait alors de tout l'été pour annoncer et finaliser la réforme qu'il souhaite, puis la faire voter par le Parlement dès la rentrée.

Quitte ou double

C'est pourquoi cette mobilisation prend des allures de grand test de combativité pour que « soit réellement donnée la priorité à l'emploi, à l'amélioration des salaires et du pouvoir d'achat et à la garantie de l'avenir du système des retraites par répartition », thème officiel de la journée. Pour ne pas dire de quitte ou double : pas de mobilisation et le gouvernement garde la main, ou au contraire sursaut de détermination de la part des salariés et fonctionnaires nombreux dans les cortèges et les syndicats pourront à nouveau appeler à redescendre dans la rue pendant qu'ils iraient négocier de nouvelles avancées sur les sources de financements ou la pénibilité,

« On peut toujours se prendre quelques coups à un premier round, mais j'espère aussi qu'on va mettre des coups décisifs dans ce combat avec le gouvernement », expliquait hier François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT. Pour lui, le gouvernement avait lancé un « défi » aux syndicats en annonçant le recul de l'âge légal de départ après 60 ans.

Plus de 170 cortèges sont attendus dans les principales villes du pays, et les organisateurs espèrent approcher le million de manifestants pour dépasser la mobilisation du 23 mars, sans dépasser celles plus fournies de l'an dernier. De petites troupes néanmoins pour d'énormes enjeux.

Jean-Louis DENES