Le nouveau cap de la CGC

Publié le 19/02/2010
La confédération générale des cadres veut dépasser son statut d'organisation catégorielle.
Le nouveau cap de la CGC
Le nouveau cap de la CGC
La confédération générale des cadres veut dépasser son statut d'organisation catégorielle.

Vendredi 19 Février 2010, © L'Est Républicain / FRANCE
 

Bernard Van Craeynest lors de son arrivée à l'Elysée lundi dernier.
Étonnant Congrès de Reims. Les quelque six cents délégués de la CFE-CGC débattent calmement jusqu'à ce soir de l'avenir de leur confédération, avec des invités de poids comme aujourd'hui le ministre du Travail, Xavier Darcos, ou les leaders syndicaux Jacques Chérèque (CFDT) ou Alain Olive (UNSA). Un calme remarquable après pratiquement deux ans de tempête interne, provoquée par l'annonce-surprise de son président Bernard Van Craeynest d'un rapprochement avec l'UNSA en avril 2008, projet finalement retiré en mars 2009... tant il opposait « bloc à bloc » partisans et adversaires d'un glissement vers un syndicat généraliste défenseur des classes moyennes. Une habile marche arrière toute tactique qui aura permis à l'équipe de Bernard Van Craeynest de finir son mandat... et d'en obtenir un troisième hier avec 78,5 % de voix, un score qu'elle n'avait jamais obtenu précédemment.

«Particularisme français»


« Notre syndicalisme d'encadrement qui rassemble cadres, techniciens, agents de maîtrise et autres gens de responsabilité et d'autonomie, courroies de transmission à l'intérieur des entreprises, est un particularisme du modèle social français qu'il faut développer et amplifier en France. Et surtout en Europe, puisque les cadres ont interdiction de se syndicaliser dans les pays anglo-saxons », fait valoir Bernard Valette, président de la branche aéronautique et spatiale. A la tête des opposants, il milite pour ce type de syndicalisme « qui n'existe nulle part ailleurs, à la base de la création de l'AGIRC (retraite complémentaire des cadres) ou de l'APEC (emploi) continue sur ses fondamentaux », plutôt que de se fondre dans une organisation où il perdrait son âme.
« Mieux vaut choisir que subir », lui rétorque Bernard Van Craeynest. Il brigue son dernier mandat, assure-t-il, avec la ferme intention d'installer la CFE-CGC « dans le paysage syndical de demain » où elle devra peser 10 % des votes des salariés si elle veut pouvoir continuer à être représentative.

Assurer la pérennité


Alors comme « le bénéfice de notre spécificité est insuffisant et fragile pour nous assurer la pérennité », il s'est naturellement tourné pour tenter un rapprochement vers d'autres petits syndicats ayant le même souci avec la barre des 10 % de la représentativité : l'UNSA « avec qui nous avons engagé une concertation qu'on ne compte pas abandonner », puis la CFTC où le courant passe, semble-t-il, plus difficilement.
« Nous ne fermons aucune porte », assure-t-il, tout à son option de construire le troisième pôle syndical français (derrière CGT et CFDT), au service des classes moyennes du pays. Une construction dont la première pierre est « une évolution » nécessairement lente au sein de son propre camp. Ce qui lui fait, à peine réélu président de la CFE-CGC, lancer du haut de la tribune : « Nous devons dépasser la réflexion stérile sur le comment sauver notre organisation, inventer un avenir utile au service des salariés, le seul objectif qui garantira notre développement et notre pérennité ».


 

Jean-Louis DENES