Le primaire en phase de stabilisation

Publié le 26/08/2010
Après une année difficile en 2008-2009, l'école élémentaire a employé l'année passée à digérer les bouleversements qui l'ont affectée. Malgré des moyens humains toujours plus chichement comptés.
Le primaire en phase de stabilisation
Le primaire en phase de stabilisation
Après une année difficile en 2008-2009, l'école élémentaire a employé l'année passée à digérer les bouleversements qui l'ont affectée. Malgré des moyens humains toujours plus chichement comptés.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 26 Aout 2010 / Région
 

 

Après plusieurs années marquées par de nombreuses turbulences, l'école primaire souffle un peu. Photo Julio PELAEZ

Les enseignants du primaire étaient rentrés un peu groggy l'an passé. L'année scolaire 2008-2009 avait été particulièrement compliquée.
DOSSIER

Car marquée par les crispations autour des nouveaux programmes et animée par la fronde des « objecteurs de conscience pédagogique » qui refusaient d'appliquer les mesures Darcos, jugées « nuisibles ». Plus encore que la réforme elle-même, c'est le style du ministre de l'Éducation nationale, remercié depuis, qui était mis en cause. Personne n'a oublié les propos tenus, par exemple, sur ces maternelles réputées « école des couches et de la sieste ». L'année avait également été marquée par la suppression de l'école le samedi matin, par la mise en place des heures d'aide individualisée mais aussi par les loupés des évaluations et par les premiers coups, confirmés depuis, portés aux Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased).

Moral altéré

Le changement de locataire rue de Grenelle, effectif en juin 2009, avait suscité l'espoir de renouer un dialogue rompu depuis des mois avec le ministère. Un an plus tard, les esprits semblent en partie apaisés même si c'est de « paix armée » qu'il convient de parler.

Ainsi, pour Éric Zolver, coresponsable du principal syndicat du premier degré en Moselle, le SNUipp, c'est « la succession des coups encaissés qui conduit à une certaine morosité ambiante plus qu'à un véritable retour au calme. Mais la 'digestion' se poursuit malgré les difficultés ».

Car si les dents grincent moins fort dans le premier degré, les échanges demeurent frisquets avec Luc Chatel. La faute à un contexte budgétaire qui pèse sur toutes les initiatives : « Nous en sommes arrivés à un point tel que c'est le fonctionnement global de l'institution qui est en cause, notamment sa capacité à imaginer des solutions innovantes, à prendre des initiatives. C'est déplorable : nous sommes le seul pays qui, dans ce contexte de crise, fait le choix de désinvestir dans l'éducation », estime Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT à l'unisson de Bernadette Groison, patronne de la FSU. Car celle-ci fustige pour sa part les « 34 000 suppressions de postes prévues au budget 2011 ! [...] qui vont toucher aussi bien la justice, l'éducation (à hauteur de 16 000), la culture, la santé ! »

Des perspectives qui, selon Éric Zolver, altèrent sévèrement le moral des enseignants dans notre région malgré une situation relativement stable sur le plan des effectifs (lire ci-dessous).

Hervé BOGGIO.