Le relais du privé et des familles

Publié le 02/10/2010
Le mouvement syndical mise sur le rassemblement de ce samedi pour contrer la réforme des retraites. La CFDT espère « deux à trois millions » de personnes dans 229 manifestations
Le relais du privé et des familles
Le relais du privé et des familles
Le mouvement syndical mise sur le rassemblement de ce samedi pour contrer la réforme des retraites. La CFDT espère « deux à trois millions » de personnes dans 229 manifestations

© L'Est Républicain, Samedi le 02 Octobre 2010 / Ouverture France-Monde
 
Combien aujourd'hui ? Photo AFP

Combien étaient-ils ? Lorsque se seront tus ce soir les choeurs de slogans et les concerts de klaxons, que les cortèges auront plié bagages, c'est la seule question à laquelle chacun des deux camps tentera de trouver une réponse. Avec partialité sans doute, calcul évidemment, perspective sur la suite de l'action à mener, sans aucun doute. Entre la fermeté affichée du gouvernement et le bras de fer déclenché par des syndicats poussés par une opinion publique hostile, jusqu'où tenir ? Sans que personne ne puisse par nature être certain de la réalité des décomptes, les pouvoirs publics ont annoncé le chiffre d'un million d'opposants à la réforme des retraites, contre trois millions aux syndicats, lors du dernier mouvement le 23 septembre. Vers quelle fourchette tend la réalité ? L'importance des cortèges, le tranchant des sondages (67 % de Français opposés à la réforme) comme l'empressement de l'Elysée à parler d'une érosion du mouvement -alors que celui-ci n'était souvent pas même lancé- tendraient à faire pencher la balance du côté des syndicats. D'autant que l'énormité de certains décomptes selon les villes (de un à... dix!) laisse souvent songeur, et révélateur de la première bataille à gagner : celle des médias.

Manif le 12 octobre

A quelques jours de l'examen de la réforme devant le Sénat (mardi), les syndicats, qui ont jusqu'ici réussi un double tour de force de maintenir la mobilisation, tablent sur l'arrivée d'un nouveau genre de manifestants, grâce à la programmation un jour de week-end. Avec l'espoir de voirle privé, les jeunes et les familles prendre le relais des opposants «traditionnels». Face à la fermeté du gouvernement retranché derrière le «non» de François Fillon à une modération du projet, le risque d'érosion qui guette dans les rangs syndicaux, invite ces derniers à une relative prudence. L'objectif sera, ainsi, de «faire au moins aussi bien, soit entre deux et trois millions de manifestants», avance la CFDT. «On va élargir le socle des gens qui nous soutiennent. Les sénateurs sont attentifs, le gouvernement devra lui aussi regarder». Si l'unité des mouvements syndicaux s'est jusqu'ici accomodée des différentes nuances dans les camps, l'interrogation demeure sur la suite autour des deux «bornes d'âge» de 60 à 62 (pour l'âge légal de départ) et de 65 à 67 (pour une retraite à taux plein). Entre les positions extrêmes (le retrait pur et simple, réclamé par Force Ouvrière et Solidaires) et le renvoi à plus loin pour laisser du temps au temps et «éviter de perdre la face», que suggère François Chérèque, la voie sénatoriale s'engage à court terme dans l'incertitude. D'ici là, la rue a prévu de manifester à nouveau le 12 octobre, pour un septieme rendez-vous d'opposition à la réforme.

Antoine PETRY