Leadership syndical

Publié le 16/04/2010
Une nouvelle fois la SNCF est plongée dans l'imbroglio d'un conflit social. Derrière les grandes revendications de façade se déroule en fait une bataille d'influence entre syndicats sur fond de changement des règles de représentativité, dont la direction entend bien tirer profit pour ne rien céder dans un contexte économique difficile pour l'entreprise nationale.
Leadership syndical
Leadership syndical
Une nouvelle fois la SNCF est plongée dans l'imbroglio d'un conflit social. Derrière les grandes revendications de façade se déroule en fait une bataille d'influence entre syndicats sur fond de changement des règles de représentativité, dont la direction entend bien tirer profit pour ne rien céder dans un contexte économique difficile pour l'entreprise nationale.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 16 Avril 2010 / IG
 

La CGT a avancé une large plateforme revendicative en utilisant la grosse artillerie des grèves reconductibles. SUD-Rail n'a pas manqué d'embrayer sur le mouvement. La direction de la SNCF a refusé l'ouverture d'une négociation nationale tant que le trafic ne serait pas revenu à la normale. Alors que la grève a échoué au plan national, mais perdure dans les seules régions à forte implantation cégétiste, la même direction concède maintenant « une table-ronde » sociale le 21 avril sur l'emploi, les parcours professionnels, les conditions de travail. Mais comme elle veut y inviter tous les syndicats, cette fois cela ne convient pas à la CGT et à SUD.

C'est que cette grève n'intervient pas à n'importe quand. Depuis cette année s'applique la nouvelle loi de représentativité selon laquelle les syndicats ne peuvent négocier que s'ils dépassent 10 % aux élections professionnelles, les accords signés par eux n'étant applicables que s'ils totalisent 30 % des voix. A la SNCF, la CGT « pèse » 39 % des suffrages, SUD 17 %, l'UNSA 18 % et la CFDT 11 %. Or un projet d'accord salarial pour 2010 a été signé en mars par les « réformistes » (UNSA, CFDT) et ne peut donc être appliqué car rejeté par la CGT et SUD, ce qui a privé les cheminots d'une augmentation certes modeste, mais supérieure à ce qui a été accordé unilatéralement par la direction.

La CGT dont une partie de la base est sensible aux sirènes catégorielles des jusqu'auboutistes de SUD, se retrouve un peu coincée et a tenté de reprendre le dessus en forçant une négociation globale où elle pourrait se prévaloir de quelques résultats. La direction de la SNCF ne semble pas encline, à ce jour, à lui offrir cette planche de salut. Au grand dam des usagers qui ont sans doute bien d'autres soucis que le leadership syndical et la « gouvernance » sociale à la SNCF.

Jean-Michel HELVIG.