Les banques fermeraient les comptes peu rentables

Publié le 06/01/2010
Une banque "n'est pas un service publique".
Les banques fermeraient les comptes peu rentables
Les banques fermeraient les comptes peu rentables
Une banque "n'est pas un service publique".

Mercredi 06 Janvier 2010, © Vosges Matin / FRANCE

 
 Certaines banques n'hésitent pas à fermer le compte de leurs clients parce qu'il n'est pas assez rentable, affirme l'Association française des usagers des banques (Afub), qui dit avoir reçu 508 plaintes en témoignant en 2009. La tendance existe 'peut-être' , selon d'autres sources - bancaires, syndicales et associatives -, mais est à coup sûr 'marginale' . Sur 1 271 témoignages de clôture de compte reçus par l'Afub, 508 proviennent d'usagers qui ' avaient de l'argent sur leur compte, et qui n'avaient pas connu d'incident de paiement' , affirme Serge Maître, secrétaire général de l'association. Le phénomène est apparu en 2009, assure-t-il. ' Jusqu'à présent la clôture des comptes intervenait quand il y avait une rupture de la confiance entre le client et son banquier, un problème de solvabilité' , explique-t-il. Les banques, en quête de rentabilité, souhaiteraient se défaire de ' clients qui n'ont pas la consommation minimale' de services bancaires, ajoute-t-il. 'Pression commerciale' La tendance doit cependant être relativisée. Ainsi l'UFC-Que Choisir n'a-t-elle pas eu de remontée significative de ses antennes locales sur le sujet. Isabelle Faujour, du service juridique de l'association de protection des consommateurs, affirme ne pas avoir entendu parler de tels cas avant que l'Afub ne sonne l'alarme. Pour Véronique Descacq, secrétaire générale de la fédération CFDT des banques, le ' phénomène existe peut-être, mais ne correspond pas à une stratégie ou à une politique commerciale des banques '. Pour elle, il pourrait être une conséquence ' perverse ' de la ' forte pression commerciale exercée par les banques sur leurs agents' . 'Les banques font des marges avec les produits qu'elles vendent (assurance, carte bancaire etc.). Il y a une forte pression pour 'équiper' les comptes avec trois ou quatre produits par compte en moyenne. Certains agents peuvent être tentés de pousser dehors les gens qui n'ont pas assez de produits pour augmenter leur taux' , affirme-t-elle. 'Un compte où il y a 350 euros en dépôt et pas de mouvement coûte à la banque, notamment en maintenance informatique ', explique-t-elle. Pas de ' remontée spécifique ' non plus du côté du syndicat bancaire SNB/CFE-CGC, mais ' sur le fond ce n'est pas une surprise' pour son président Régis Dos Santos. 'Il est dans la culture d'une banque, et depuis des années, de mesurer la rentabilité d'un compte. La banque n'est pas un service public' , dit-il. 'Un compte où il y a 3 000 euros et rien à côté n'est pas rentable, alors si vous vous mettez à contester... Mais ce qui n'est pas admissible c'est le décalage croissant entre le service et le prix facturé' , ajoute-t-il.