Les chômeurs en fin de droits augmentent

Publié le 27/01/2010
L'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi arrivant en fin de droits à l'assurance chômage provoque un bras de fer qui se politise entre l'Etat et les partenaires sociaux.
Les chômeurs en fin de droits augmentent
Les chômeurs en fin de droits augmentent
L'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi arrivant en fin de droits à l'assurance chômage provoque un bras de fer qui se politise entre l'Etat et les partenaires sociaux.

Mardi 26 Janvier 2010, © Vosges Matin / FRANCE

Il se partageait entre cinéma, théâtre et télévison.

Un Français sur deux (48%) souhaitait voir Nicolas Sarkozy aborder la question de l'emploi hier sur TF1. Le nombre d'inscrits à Pôle emploi en décembre sera publié mercredi. - Qui est chômeur en fin de droits ? Une personne qui n'a pas retrouvé de travail à la fin de la période durant laquelle elle a droit à une indemnisation par l'assurance chômage, comprise entre 4 mois et deux ans (trois ans si elle a 50 ans ou plus). Elle peut rester inscrite à Pôle emploi. Depuis 2009, un jour travaillé = un jour indemnisé. - Combien sont-ils ? 'C'est un défi qui revient chaque année', affirme le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez, mais la crise l'aggrave: 850 000 en 2009, un million cette année selon Pôle emploi, contre 700 000 environ avant la récession. - La hausse est-elle l'effet de la crise ? Oui, mais pas seulement. La récession, qui a précipité au chômage des vagues de salariés depuis plus d'un an, a réduit les possibilités de retrouver un emploi. Les conditions d'indemnisation, négociées entre les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) et le patronat (Medef, UPA, CGPME) gérant l'assurance chômage, se sont aussi durcies au fil des ans sur fond de déficits. La possibilité, rétablie en 2009, d'être indemnisé dès 4 mois de cotisations augmente mécaniquement le nombre de fins de droit. Les règles seront renégociées fin 2010. En 2008, le patronat voulait baisser les cotisations. - Que fait le gouvernement ? 'Personne ne reste au bord de la route' , selon le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez. Certains chômeurs ayant épuisé leurs droits aux allocations chômage peuvent prétendre à l'Allocation de solidarité spécifique (ASS, 454 euros par mois environ) ou au Revenu de solidarité active (RSA) versés par l'Etat. 16% des fins de droits restant inscrits à Pôle emploi basculent en ASS et 22% au RSA. Un risque de paupérisation Mais tous n'y ont pas droit, car ces minima sont accordés en fonction des ressources du ménage et selon le patrimoine du demandeur. Une partie des demandeurs d'emploi n'a donc pas de revenu de remplacement, 600 000 selon la CGT. Certains ne pointent plus, disparaissant des statistiques. - Quelles solutions sont évoquées ? Prolonger l'indemnisation par l'assurance chômage, ce que revendiquent la plupart des syndicats et partis de gauche. Cela coûterait 1,342 milliard d'euros pour trois mois dégressifs (70% de la dernière indemnisation le 1er mois supplémentaire, 60% le 2ème, 50% le 3ème mois). Un accès assoupli à l'ASS est demandé par la plupart des syndicats. FO, CGT et CFTC réclament aussi une surcotisation chômage des entreprises recourant massivement à l'intérim et aux CDD. - Qui va trancher ? Le dossier est sur la table depuis juin 2009, mais, depuis Noël, partenaires sociaux et gouvernement se renvoient la balle. L'opposition s'en mêle et le gouvernement dénonce une 'instrumentalisation politicienne'. Les syndicats, inquiets d'un risque de paupérisation d'un nombre croissant de demandeurs d'emploi, voient une urgence. Pour le patronat, qui préside l'Unedic, 'c'est une question de solidarité nationale' et donc 'à l'Etat (...) de gérer le problème'. Pour le gouvernement, Le sujet pourrait être abordé lors d'une réunion d'agenda social le 15 février autour de Nicolas Sarkozy.