Les « copains d'avant » de l'ENA derrière Hollande

Publié le 18/10/2011
Dans les coulisses de la campagne de François Hollande, ses « copains d'avant » de la prestigieuse promotion Voltaire de l'ENA mobilisent leurs réseaux pour tenter de revivre l'alternance et retrouver les chemins de l'Élysée.
Les « copains d'avant » de l'ENA derrière Hollande
Les « copains d'avant » de l'ENA derrière Hollande
Dans les coulisses de la campagne de François Hollande, ses « copains d'avant » de la prestigieuse promotion Voltaire de l'ENA mobilisent leurs réseaux pour tenter de revivre l'alternance et retrouver les chemins de l'Élysée.

© Vosges Matin, Mardi le 18 Octobre 2011 / France

 

 

Des énarques de gauche s'activent derrière celui qui est leur leader naturel depuis plus de trente ans. (PhotoAFP - Fred DUFOUR)

« C'est un réseau d'amitié. Ils m'ont fait confiance pour me soutenir. Cela fait partie des fidélités d'une partie de ma vie », a confié le candidat PS dimanche après sa victoire à la primaire. « C'est vrai que cette promotion était exceptionnelle par les personnalités qui y étaient », se remémore le député de Corrèze évoquant ses années d'études rue des Saint-Pères (1977-80).

Dominique de Villepin, Ségolène Royal, Michel Sapin, Renaud Donnedieu de Vabres, Jean-Pierre Jouyet, Frédérique Bredin... : en plus de cette élite promise à un bel avenir politique, des dizaines de hauts fonctionnaires de gauche sont issus du même millésime. Des baby-boomers propulsés très jeunes aux responsabilités avec la victoire de Mitterrand en mai 1981.

« Amical » sans être chaleureux, drôle, « rassembleur » - déjà les synthèses -, François Hollande s'était imposé comme leur chef de file en lançant le Comité pour la rénovation de l'ENA (CARENA), face à la CFDT et FO. Au programme : une réforme de la scolarité pour former des hauts commis de l'État « au service du peuple », rapporte Michel Sapin.

Préfets, ambassadeurs, entrepreneurs, banquiers, avocats, consultants, lobbyistes... : trente ans après, les « Voltairiens » de gauche espèrent préparer une nouvelle alternance en mai 2012 avec l'autre « François », en tissant pour lui des réseaux dans le public et le privé.

Des réseaux renforcés

Dès mai 2010, l'avocat Dominique Villemot et l'ex-député PS (1988-93) Jean-Marie Cambacérès lancent le club Démocratie-2012. Alors que les sondages ne jurent encore que par DSK, il s'agit de soutenir les ambitions présidentielles de l'ex-patron du PS, qui sort de sa traversée du désert post-congrès de Reims (novembre 2008).

Plusieurs dizaines de dirigeants dont une vingtaine de Voltairiens ont répondu à l'appel, affirme M. Cambacérès, en feuilletant l'annuaire des anciens de la promo 1977-80 : l'ex-patron de Numéricable Bernard Cottin, Pierre-René Lemas, récemment nommé directeur du cabinet du Jean-Pierre Bel au Sénat, une lobbyiste « plutôt centriste » qui connaît bien les réseaux à Bruxelles et rédige des notes sur l'Union européenne...

Sans être encore structurés, les Voltairiens agacent les autres cercles politiques qui gravitent dans l'entourage du candidat PS, sur le thème : « Ils sont partout. » En 2007, les Voltaire s'étaient mobilisés plus tièdement derrière Ségolène Royal, elle aussi sortie de l'ENA en 1980. Et encore : « A la demande de François. »