Les fonctionnaires se mobilisent sur les salaires

Publié le 30/05/2011
Les fonctionnaires sont appelés à se mobiliser demain contre « la politique d'austérité salariale » du gouvernement, une journée décidée depuis plusieurs semaines mais qui intervient dans un contexte troublé par la démission de leur secrétaire d'Etat Georges Tron, soupçonné d'agressions sexuelles.
Les fonctionnaires se mobilisent sur les salaires
Les fonctionnaires se mobilisent sur les salaires
Les fonctionnaires sont appelés à se mobiliser demain contre « la politique d'austérité salariale » du gouvernement, une journée décidée depuis plusieurs semaines mais qui intervient dans un contexte troublé par la démission de leur secrétaire d'Etat Georges Tron, soupçonné d'agressions sexuelles.

Vosges Matin, Lundi le 30 Mai 2011 / France 

 

Georges Tron, secrétaire d'Etat à la fonction publique, ayant démissionné, c'est François Baroin qui prend le relais. (Photo AFP)

Les huit syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, Solidaires, CFTC et CGC) ont lancé un appel commun aux 5,2 millions d'agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) à se « mobiliser fortement », à l'occasion de rassemblements, manifestations ou grèves.

Peu d'arrêts de travail

Les fonctionnaires n'auront plus face à eux de secrétaire d'Etat dédié à la Fonction publique. Fragilisé par les accusations d'agressions sexuelles émanant de deux anciennes collaboratrices de Draveil (Essonne), la ville dont il est maire, Georges Tron a démissionné hier. C'est son ministre de tutelle, le ministre du Budget François Baroin, qui reprend ses attributions.

Demain, les syndicats s'attendent à peu d'arrêts de travail, même si la CGT, premier syndicat de fonctionnaires, et Solidaires ont déposé des préavis dans les trois fonctions publiques.

A Paris, les responsables syndicaux espèrent être reçus au ministère et prévoient un rassemblement avec des prises de parole à partir de 11 h 30 à Bercy.

Jean-Marc Canon (CGT) a assuré à l'AFP que l'appel à la mobilisation avait rencontré « un très bon écho » parce que « les salariés de la fonction publique sont très préoccupés », depuis l'annonce mi-avril du gel du point d'indice -- qui sert au calcul des salaires -, en 2012 pour la deuxième année consécutive.

Les syndicats ont « choisi d'adapter les formes d'action parce qu'il n'est pas envisageable aujourd'hui d'appeler directement à une journée de grève de 24 heures », a indiqué M. Canon, expliquant que de nombreux fonctionnaires ont déjà « beaucoup donné » lors de la contestation de la réforme des retraites l'an dernier.

Revaloriser le point d'indice

Jean-Michel Nathanson (Solidaires) a déclaré à l'AFP qu'il s'attendait à « une bonne mobilisation » avec « énormément de rassemblements prévus », mais le plus souvent après la journée de travail.

Les syndicats espèrent obtenir une revalorisation du point d'indice, alors que l'inflation avoisine cette année les 2 %. Ils jugent son augmentation cruciale en matière de pouvoir d'achat, car le point est le seul élément de la rémunération qui touche tous les agents.

Le gouvernement fait valoir pour sa part qu'il n'est qu'un des éléments de l'évolution de la rémunération des fonctionnaires. Pour le ministère, la hausse du pouvoir d'achat n'est liée que pour 25 % aux mesures générales dont fait partie le point d'indice, le reste étant lié aux mesures individuelles et catégorielles. Le gouvernement évalue par conséquent la hausse du pouvoir d'achat des fonctionnaires à 10 % depuis 2007.

Mais les syndicats n'ont pas la même méthodologie et, en excluant les mesures individuelles, dénoncent de leur côté une perte de pouvoir d'achat de 10 % en dix ans par rapport à l'inflation.

Selon Jean-Marc Canon, « aucune organisation syndicale n'est convaincue par les arguments du gouvernement ». Il l'a exhorté à « revenir à la porte des négociations ».

Les syndicats font valoir que ces problèmes de pouvoir d'achat aggravent « encore un contexte marqué par les suppressions d'emplois et la dégradation des conditions de travail », notamment en raison de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), qui prévoit le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.