Les jeunes maintiennent la pression

Publié le 22/10/2010
Alors que les jeunes maintiennent la pression dans la rue, le gouvernement cherche à accèlérer les débats.
Les jeunes maintiennent la pression
Les jeunes maintiennent la pression
Alors que les jeunes maintiennent la pression dans la rue, le gouvernement cherche à accèlérer les débats.

Vosges Matin, Vendredi le 22 Octobre 2010 / Fait du jour 

Toute une série de manifestations lycéennes ont eu lieu hier un peu partout en France, comme sur cette photo à Toulouse. (Michel Viala, Maxppp)

Lycéens et étudiants ont maintenu la pression hier en manifestant partout en France contre la réforme des retraites, examinée au Sénat où le gouvernement tente d'accélérer les débats. Confronté aussi aux difficultés d'approvisionnement en carburant à la veille des départs en vacances de la Toussaint, le gouvernement a pour objectif de parvenir à un vote avant le week-end, en demandant au Sénat un « vote unique » sur une partie des articles additionnels du projet de loi.

Une réunion des syndicats de salariés avait débuté en milieu d'après-midi au siège de la CFDT pour décider d'une éventuelle nouvelle journée de mobilisation. La CGT est favorable à « un nouveau temps fort dès la semaine prochaine », FO appelant de ses voeux « une nouvelle journée de grève public/privé ».

Dénonçant les grèves et blocages dans le pays ainsi que les violences à Lyon, Nicolas Sarkozy a jugé qu'»on n'a pas le droit de prendre en otage des gens qui n'y sont pour rien, dans leur vie quotidienne » et prévenu : « C'est pas les casseurs qui auront le dernier mot dans une démocratie, dans une République ».

A l'appel des syndicats lycéens et étudiants UNL, Fidl et Unef, des jeunes sont descendus dans la rue dans plusieurs villes de France, notamment à Paris sous le regard d'une trentaine de télévisions étrangères, notamment chinoise, russe, mexicaine et iranienne.

Ils étaient ainsi entre 4.000 et 15.000, selon les sources, dans la capitale, entre 3.500 et 5.000 à Bordeaux, 1.200 (police) à Clermont-Ferrand, 1.100 à Rennes, entre 750 (police) et « plus de 2.000 » (Unef) à Lille, 850 à Douai, 1.600 dans plusieurs villes des Alpes-Maritimes, dont 900 à Nice, a indiqué la préfecture.

Les jeunes étaient encore plusieurs centaines à défiler à Nantes, à Evry, à Brest, à Marseille, à Armentières, Dunkerque, Maubeuge, Cambrai, Aix-en-Provence, Toulon, Poitiers, Arras, Agen, Marmande, Roanne...

En outre, 312 lycées étaient perturbés « à des degrés divers », soit 7,25 % des 4.302 lycées, selon le ministère de l'Education nationale. L'UNL et la Fidl recensaient 1.300 lycées perturbés, dont 700 à 900 bloqués. De même, entre 7 et 14 universités ou établissements de l'enseignement supérieur étaient perturbés, selon les sources, sur un total de 83 universités, et quatre à cinq établissements fermés administrativement.

Quelques incidents ont émaillé dans le centre de Lyon un début de rassemblement de militants CGT et de lycéens, qui ont été dispersés par les forces de l'ordre.

A Nanterre, théâtre d'incidents depuis lundi, la journée a été calme. Un homme de 18 ans a été condamné dans cette ville à deux mois de prison ferme et écroué pour des pillages dans le centre commercial de la Défense, survenus dans la foulée des incidents près du lycée Joliot-Curie.

Ces violences n'ont « à ce stade rien à voir » avec les émeutes de 2005 dans les banlieues, a assuré le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui a annoncé l'interpellation de 245 personnes mercredi, portant à 1.901 leur nombre en octobre.