Les nouveaux objectifs de Pôle emploi

Publié le 03/12/2011
En pleine envolée du chômage, Pôle emploi se voit doté depuis hier d'un nouveau directeur général, Jean Bassères, et d'une nouvelle feuille de route pour mieux aider des millions de chômeurs à retrouver un travail, mais à moyens constants.
Les nouveaux objectifs de Pôle emploi
Les nouveaux objectifs de Pôle emploi
En pleine envolée du chômage, Pôle emploi se voit doté depuis hier d'un nouveau directeur général, Jean Bassères, et d'une nouvelle feuille de route pour mieux aider des millions de chômeurs à retrouver un travail, mais à moyens constants.

© Vosges Matin, Samedi le 03 Décembre 2011 / France 
 
A la tête de Pôle emploi depuis hier, Jean Bassères, jusqu'alors chef de l'Inspection générale des finances, est un grand serviteur de l'Etat au profil consensuel, à gauche comme à droite. (AFP)

Trois ans après sa naissance, fruit de la fusion de l'ANPE et des Assedic, l'organisme public dispose d'une nouvelle convention -- négociée par l'Etat, l'Unédic et Pôle emploi- pour la période 2012-2014.

Trois objectifs lui sont assignés : une plus grande « personnalisation » de l'accompagnement des chômeurs dont les besoins sont très variés, une « décentralisation » des actions des agents pour leur donner plus d'autonomie et une « optimisation » des moyens.

Ces objectifs doivent être tenus à moyens financiers inchangés : l'Etat continuera d'apporter, en 2012, 1,36 milliard d'euros au budget de Pôle emploi et l'Unédic 3 milliards.

La convention a été adoptée par le conseil d'administration de Pôle emploi avec les voix des représentants de l'Etat, des organisations patronales et de la CFDT. Trois autres syndicats -- FO, CFTC, CFE-CGC- se sont abstenus et la GT a voté contre.

La candidature de Jean Bassères, 51 ans, actuel chef de l'Inspection générale des finances, a été validée à l'unanimité, seule la CGT s'étant abstenue. « La CGT ne remet pas en cause la compétence de Jean Bassères » mais regrette que « l'Etat impose des candidats » sans qu'il y ait « une réflexion au sein du Conseil d'administration », a affirmé Maurad Rabhi.

Le directeur sortant, Christian Charpy, qui a piloté la douloureuse fusion, parsemée de grèves, se disait hier sur LCI « fier » de son action. « La fusion est faite et plus personne ne la remet en cause ». Pour les trois prochaines années, « le gouvernement a donné son accord pour maintenir les emplois et les moyens », assurait-il.

Pour la CFDT, comme pour FO et CFE-CGC, les objectifs assignés à Pôle emploi sont « cohérents », « intéressants », en particulier le renforcement de l'accompagnement et la proximité aux territoires car « le système était ultra centralisé, descendant, avec des injonctions », souligne Laurent Berger (CFDT).

Mais les centrales fustigent l'insuffisance des moyens : « Il faut que l'Etat verse plus d'argent » pour « faire vivre cette feuille de route », souligne M. Berger. « Les moyens humains et matériels de Pôle emploi doivent être renforcés », renchérit Stéphane Lardy (F0). La feuille de route risque d'« être bridée par des effectifs stabilisés, une obligation de retour à l'équilibre financier en 2014 peu réaliste et par des moyens financiers de l'Etat limités », estime Marie-Françoise Leflon (CFE-CGC).

La CGT dénonce « une convention sans ambition », qui « ne tire pas les enseignements » des nombreuses critiques adressées à Pôle emploi. « On souhaite améliorer » l'accompagnement « mais à coût constant » et « de plus il n'y a aucune garantie » que l'Etat verse les 1,3 milliard d'euros, relève M. Rabhi.

Jean Bassères, attendu la semaine prochaine au Parlement pour des auditions suivies d'un vote, arrive en pleine tempête alors que le nombre de chômeurs ne cesse de croître sur fond de crise. En octobre, 2,8 millions de demandeurs d'emploi sans activité -- 4,1 millions en comptant ceux ayant exercé une activité réduite -- étaient inscrits sur les listes de Pôle emploi, un niveau inégalé depuis 12 ans.

Le renforcement des moyens de Pôle emploi est un des sujets que « Force ouvrière rappellera lors du prochain sommet emploi proposé par le président de la République en janvier », souligne Stéphane Lardy. La CFDT l'évoquera également.