Les nouveaux profs essuient les plâtres

Publié le 03/03/2010
Les conditions d'exercice des enseignants tout juste recrutés à la rentrée 2010 inquiètent les syndicats de professeurs.
Les nouveaux profs essuient les plâtres
Les nouveaux profs essuient les plâtres
Les conditions d'exercice des enseignants tout juste recrutés à la rentrée 2010 inquiètent les syndicats de professeurs.

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 03 Mars 2010 / IG
 

 
Le ministère de l'Education vient de définir, dans une circulaire envoyée aux recteurs et inspecteurs d'académie, les « principes généraux » de la première année d'exercice des futurs stagiaires (en écoles, collèges et lycées).

Leur entrée dans le métier changera à la rentrée, dans le cadre de la mise en oeuvre de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants.

Cette réforme prévoit le recrutement des futurs enseignants après l'obtention d'un master universitaire et supprime l'année rémunérée de fonctionnaire stagiaire telle qu'elle se pratiquait jusqu'à présent en deuxième année d'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres).

Epaulé jusqu'à la Toussaint

La circulaire rappelle que les stagiaires auront dès la rentrée la « pleine responsabilité » d'une classe en primaire ou de plusieurs classes en collège ou lycée. Tout au long de l'année, ils bénéficieront d'un accompagnement par un « professeur chevronné » et de formations groupées dans le temps et/ou étalées tout au long de l'année, à l'université.

Le texte précise qu'accompagnement et formation compteront pour un tiers du temps de service (l'emploi du temps devant les élèves, ndlr) du stagiaire.

Dans les écoles, le stagiaire fera classe en présence d'un enseignant « expérimenté » jusqu'à la Toussaint. Pour les stagiaires du second degré, un professeur chevronné pourra assister en septembre et octobre « à une partie des cours de l'enseignant, par exemple six heures par semaine, ou plus ou moins », a-t-on expliqué au ministère. De manière générale, la circulaire laisse les modalités d'application de ces principes à la charge des académies ou départements en « fonction de leur spécificité ».

Une orientation dénoncée par les syndicats. Les syndicats FSU du second degré par exemple craignent « des disparités importantes » et des « choix davantage pilotés par des impératifs de gestion plutôt que de formation ».

Autre critique : le fait nouveau que des enseignants se retrouvent à plein-temps, dès la rentrée, devant une classe entière. « C'est catastrophique. On va avoir des collègues dans des situations très difficiles, ce sera trop d'un coup », explique Thierry Cadart, au Sgen-CFDT.

Christian Chevalier, au Se-Unsa, ajoute : « le temps de formation va être extrêmement réduit. Jusqu'ici, lors de la 2e année d'IUFM, les stagiaires étaient environ la moitié du temps en formation, et l'autre moitié en classe ».

Les syndicats soulèvent aussi les problèmes de remplacement des tuteurs en septembre-octobre et des stagiaires en formation aux deuxième et troisième trimestres. Le ministère répond que « les moyens de remplacement » ne sont en général « pas consommés au début de l'année, ni après février ».