Les Petroplus ne veulent pas mourir

Publié le 03/01/2012
Raffinage : les unités de l'usine de Rouen sont arrêtées les unes après les autres
Les Petroplus ne veulent pas mourir
Les Petroplus ne veulent pas mourir
Raffinage : les unités de l'usine de Rouen sont arrêtées les unes après les autres

© L'Est Républicain, Mardi le 03 Janvier 2012 / France-Monde / Rouen

 

Les salariés maintiennent la pression. Photo AFP

LE GROUPE SUISSE Petroplus a entamé hier matin les manoeuvres d'arrêt temporaire de sa raffinerie de Petit-Couronne, près de Rouen, qui n'est plus alimentée en brut depuis le gel d'une ligne de crédit d'un milliard de dollars.

« Les unités doivent être arrêtées les unes après les autres ce qui peut prendre jusqu'à vendredi », a indiqué le délégué CGT. Deux autres raffineries du groupe, situées à Anvers (Belgique) et Cressier (Suisse), doivent également être arrêtées pour la même raison.

Petroplus a précisé que le redémarrage de ces sites dépendra de « la disponibilité du crédit et des conditions économiques ». Après l'arrêt de ces sites, seules deux raffineries du groupe resteront en fonctionnement, celle de Coryton en Grande-Bretagne et celle d'Ingolstadt en Allemagne.

L'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC de la raffinerie de Petit-Couronne qui emploie 550 salariés -déterminés à ne pas « mourir en silence »- a maintenu hier son blocage des expéditions de produits finis (essence, gazole, fuel, bitume et huile) entamé mardi dernier. « C'est une monnaie d'échange de 200 millions d'EUR pour faire face à toutes les éventualités », selon le délégué CGT.

La raffinerie a été mise en service en 1929, sur une zone industrielle du port de Rouen, juste après la loi de 1928 organisant la protection de cette industrie en France. Elle a été constamment modernisée depuis, sauf au cours de la dernière période, selon les syndicats.

Selon la CGT, il faudrait 100 à 120 millions d'EUR pour la remettre à niveau. Il somme l'Etat de la réquisitionner « au nom de l'intérêt national » pour la remettre à un pétrolier, français ou étranger, à condition qu'il agisse en France.

L'enjeu est de taille : un emploi dans une raffinerie en génère trois autres, indirects ou induits.

Le groupe Petroplus, qui n'exerce que dans le raffinage, à la différence des majors comme Shell, Exxon ou Total présents sur toute la chaîne pétrolière, emploie 2.500 salariés en Europe et dispose d'une capacité de traitement de 667.000 barils par jour.