Les profs ne se voient plus en classe à 67 ans

Publié le 25/06/2010
Selon les syndicats, un enseignant sur deux a fait grève hier en maternelle et élémentaire. Les profs expliquent cette forte mobilisation.
Les profs ne se voient plus en classe à 67 ans
Les profs ne se voient plus en classe à 67 ans
Selon les syndicats, un enseignant sur deux a fait grève hier en maternelle et élémentaire. Les profs expliquent cette forte mobilisation.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 25 Juin 2010 / IG /

 

Pour les enseignants des écoles, nombreux en grève hier (31,87 % selon le gouvernement, un sur deux selon les syndicats), la réforme des retraites ne passe pas. Ils ne se voient pas rester jusqu'à 67 ans avec des écoliers en bas âge, mais refusent également une baisse de leur pension, alors que les conditions de travail selon eux se dégradent.

« Toutes les mesures prises vont nous conduire à partir à la retraite sans taux plein », déplore Luc Savatier, 50 ans, enseignant dans une école maternelle de Saint-Brieuc, venu défiler à Paris. « La date qui fait mal », selon l'expression du secrétaire général du Sgen-CFDT, Thierry Cadart, c'est en effet le relèvement de 65 à 67 ans de l'âge pour toucher une pension à taux plein.

Un âge jusqu'auquel Luc Savatier, qui travaille en Zone d'éducation prioritaire (Zep), ne se voit pas aller : « Exercer en maternelle devant 30 bambins de trois ans, ça demande une énergie importante. » « Plus on va allonger le temps de travail, et moins on sera performant avec les élèves », renchérit Marie-Laure Burnichon, 53 ans, directrice d'une école élémentaire à Clamart (Hauts-de-Seine), également en Zep.

Alors qu'en primaire les enseignants débutent aujourd'hui en moyenne à 27 ans, un manifestant de l'Unsa-Education a résumé les inquiétudes sur sa chasuble : « Commencer à 30 ans et finir... à 72 ans ! ? Bonjour l'avenir ! »

Dans une profession féminine à 85 %, la suppression du dispositif de départ anticipé sans condition d'âge pour les mères de trois enfants ayant 15 ans de service a particulièrement choqué, d'autant que celles dans ce cas doivent faire un choix d'ici le 13 juillet, avant le vote du projet de loi.

Davantage d'enfantspar classe

Si la mobilisation a été forte, avec la grève la plus suivie de l'année par les enseignants du primaire, « c'est aussi que les conditions de travail globalement s'aggravent », selon Marie-Laure Burnichon. « Augmenter le nombre d'élèves par classe va encore dégrader la situation », craint-elle (en référence à l'une des pistes gouvernementales à l'étude pour continuer à supprimer des postes de professeurs après 2011).

Sans oublier que la hausse de la cotisation retraite prévue équivaudrait à une ponction mensuelle de 65 EUR sur les salaires en primaire selon le SNUipp, alors que l'augmentation de 0,5 % des fonctionnaires prévue le 1er juillet a été annulée par le gouvernement.