Les routiers en discussion

Publié le 10/12/2009
Patronat et syndicats du transport routier ont entamé hier des négociations dans l'espoir d'aboutir à un accord sur les salaires d'ici demain.
Les routiers en discussion
Les routiers en discussion
Patronat et syndicats du transport routier ont entamé hier des négociations dans l'espoir d'aboutir à un accord sur les salaires d'ici demain.

Jeudi 10 Décembre 2009, © Vosges Matin / FRANCE

Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a proposé des 'états généraux' du transport en janvier. (Photo AFP)
Faute d'accord sur les salaires, les routiers menacent de bloquer à partir de dimanche soir des entrepôts de la grande distribution. Les syndicats des quelque 500 000 salariés du transport routier de marchandises ont appelé à la grève notamment pour obtenir des hausses de leurs salaires et de leurs frais de déplacement. Après huit heures de discussions, 'on ne peut pas dire qu'on a avancé beaucoup' , a déclaré Maxime Dumont, secrétaire général de la CFDT des Transports, principale organisation du secteur. 'On a fait un état des lieux large, sur l'ensemble des dossiers, et la liste est longue', a dit Jean-Paul Deneuville (FNTR, principale organisation patronale), affirmant parler au nom de toutes les organisations patronales. Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, présent uniquement à l'ouverture des discussions, a proposé des 'états généraux du transport' en janvier pour mettre à plat l'ensemble des problèmes. Ils se tiendraient sous l'égide du ministère et comprendraient 'trois piliers: social, environnemental et économique', a indiqué Gérard Martinez, secrétaire général de FO transports. Ils s'attaqueraient notamment au chantier de la convention collective. 'Un document de cadrage' sur les états généraux, prévoyant 'la négociation d'une nouvelle convention collective et la modernisation du dialogue social' , a été distribué, a indiqué la FNTR. Dans l'immédiat, l'urgence était de trouver un accord sur les salaires d'ici à demain matin, date butoir fixée par les syndicats. 'Aucune concession n'a été faite par la partie patronale' , a indiqué M. Dumont. Le patronat propose des hausses de 2% au maximum. 'Un sous-prolétariat' Les syndicats réclament 10 euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés (soit une hausse de 9%), 4% de hausse pour les cadres, 4% pour les frais de déplacement et un 13e mois pour tous. 'Une femme de ménage, aujourd'hui, c'est 12 à 15 euros de l'heure. Un chauffeur routier, c'est 9,16. Quand on demande 10 euros, ça n'a rien de délirant', a lancé Bernard Jubin (CFE-CGC). Selon lui, les routiers forment désormais 'un sous-prolétariat'. Les médiateurs nommés par M. Bussereau, présents à la réunion, ont proposé des augmentations de salaires de 3% et de 4%, selon les coefficients horaires, et de 2% pour les frais de déplacement, comme base de négociation, selon plusieurs participants. Cette base est 'très lointaine de ce que nous avons nous-mêmes envisagé' , a souligné M. Deneuville. Pour les délégations patronales, 'la question posée est celle du coût du travail'. L'Etat 'doit faire en sorte que les entreprises françaises soient compétitives', a déclaré M. Deneuville. La présidente de l'UNOSTRA, Catherine Pons, s'est montrée plus précise: les entreprises demandent 'des aides au niveau des charges sociales' . Des grèves en pagaille Du RER A jeudi aux salariés en charge des distributeurs de billets le 21 décembre, en passant par la SNCF ce week-end et les routiers la semaine prochaine, sans oublier les musées, la liste des secteurs menacés par des mouvements de grève avant Noël s'allonge. - SNCF Plusieurs préavis de grève ont été déposés, avec des impacts variables, et la SNCF n'a pas encore publié ses prévisions de trafic. - ROUTIERS Les syndicats des quelque 500 000 salariés du transport routier de marchandises appellent à une grève à partir du dimanche 13 décembre à 21H30, menaçant les approvisionnements alimentaires des fêtes de fin d'année. - MUSEES Depuis le 2 décembre, un mouvement de grève reconductible perturbe l'accès à certains musées et monuments nationaux, à l'appel de l'intersyndicale du ministère de la Culture. Les grévistes protestent contre les suppressions d'emplois prévues dans le cadre de la Révision générale des Politiques publiques. Mais la quasi-totalité des musées et monuments nationaux étaient ouverts au public -parfois gratuitement- hier sauf le Centre Pompidou et l'Arc de Triomphe. - DISTRIBUTEURS DE BILLETS Les syndicats appellent à la grève les dabistes, chargés de la maintenance et l'alimentation des distributeurs automatiques de billets (DAB), à partir du 21 décembre pour réclamer une meilleure prime de risque.