Les salariés de General Motors prêts aux sacrifices

Publié le 21/07/2010
Plus de 70 % des salariés de General Motors Strasbourg sont d'accord pour un gel des salaires pendant deux ans et un tiers de RTT en moins. Mais les syndicats demandent à l'éventuel repreneur de revoir sa copie.
Les salariés de General Motors prêts aux sacrifices
Les salariés de General Motors prêts aux sacrifices
Plus de 70 % des salariés de General Motors Strasbourg sont d'accord pour un gel des salaires pendant deux ans et un tiers de RTT en moins. Mais les syndicats demandent à l'éventuel repreneur de revoir sa copie.

 Les salariés de General Motors Strasbourg ont très largement approuvé la reprise du site par la nouvelle entité GMC moyennant un gel des salaires, mais les syndicats ont demandé, hier, au repreneur potentiel de revoir sa copie.

La quasi totalité des 1 150 salariés avait participé lundi à un consultation interne. Plus de 70 % ont répondu « oui » à la question : « Etes-vous pour ou contre le projet de reprise du site », a demandé, tôt, hier matin, Jean-Marc Ruhland, délégué de la CFDT (majoritaire) co-organisatrice du « référendum » avec FO et la CFTC.

La CGT avait appelé à voter contre et, hier, elle ne souhaitait toujours pas signer avec la direction qui lie la reprise à l'accord de tous les syndicats.

Le projet de General Motors Company (GMC), détenu à 60 % par l'Etat fédéral américain, prévoit une reprise sans réduction d'effectifs avec un carnet de commandes étoffé jusqu'en 2014 pour cette usine de boîtes de vitesse.

En échange, GMC qui a mis le site alsacien en concurrence avec une usine mexicaine à moindre coût, prévoit un gel des salaires sur deux ans, pas d'intéressement jusqu'en 2013 et une renonciation à plus d'un tiers des 16 jours de RTT actuels, soit une baisse de 10 % du coût de la main d'oeuvre.

Au cours d'un comité d'entreprise extraordinaire mardi, les syndicats se sont étonnés, hier, de l'apparition dans le projet d'une « annualisation (1 607 heures) du temps de travail ».

Consensus à trouver

« On nous prend pour des gogos », a annoncé, très déçu, le délégué de la CFDT après ce « rebondissement ».

Pour Roland Robert, son homologue de la CGT « la direction nous ment depuis deux ans, il ne reste que la bagarre ».

Thierry Stachel (CFTC) parle de « tromperie ». « Les conditions de la direction deviennent de plus en plus drastiques et c'est à se demander si elle souhaite réellement maintenir le site en activité », s'inquiète ce syndicat.

Dans un communiqué, la CGT-Métallurgie dénonce le chantage consistant à comparer les salaires en France avec ceux pratiqués au Mexique.

Dans la métallurgie et notamment dans la filière automobile, cette pratique est courante comme ce fut le cas chez Bosch à Vénissieux (Rhône), dans le groupe Hewlett-Packard ou chez Continental en Haute-Garonne, ajoute le syndicat.

Le site de Strasbourg, en recherche d'un repreneur depuis la faillite de GM, est détenu par MLC, une société chargée de céder les actifs de l'ancien constructeur.

Une nouvelle réunion est prévue aujourd'hui et CFDT, FO et la CFTC souhaitent que la direction s'en tienne au projet présenté avant le référendum de lundi. La date butoir pour la signature d'un accord est en principe fixée à vendredi, après quoi, la maison-mère de Detroit devrait rapidement décider de la suite à donner, selon M. Ruhland.