Les syndicats dans l'expectative

Publié le 24/03/2010
Pour la réforme des retraites, qui s'annonce difficile, Xavier Darcos ne faisait plus le poids. Il paie moins sa lourde défaite en Aquitaine - un autre ministre a eu un plus mauvais score - qu'une mésentente avec le conseiller social de l'Elysée.
Les syndicats dans l'expectative
Les syndicats dans l'expectative
Pour la réforme des retraites, qui s'annonce difficile, Xavier Darcos ne faisait plus le poids. Il paie moins sa lourde défaite en Aquitaine - un autre ministre a eu un plus mauvais score - qu'une mésentente avec le conseiller social de l'Elysée.

Mercredi 24 Mars 2010, © L'Est Républicain / FRANCE MONDE

 
Passation de pouvoir hier au ministère de Travail.
Alors que Raymond Soubie veut prendre le temps de la concertation avec les syndicats, le ministre du Travail voulait aller vite, pour éviter les tensions au cours de l'automne. Le voici donc remplacé par Eric Wœrth, plus en phase avec le chef de l'Etat et son cabinet.

Des interrogations


Cette nomination suscite des interrogations du côté des syndicats. Tous notent qu'il s'agit du quatrième ministre du Travail en trois ans et redoutent d'y voir un désintérêt du chef de l'Etat pour ce domaine crucial. Et l'image de l'ancien ministre du Budget s'apparente plus à un technocrate qu'à un homme préoccupé par le social.
Tout en refusant de la commenter, Bernard Thibault (CGT) a quand même déclaré qu'il espérait ne pas avoir « des ordinateurs de Bercy comme interlocuteur ». Quant à François Chérèque (CFDT), il craint « une réforme financière et non une réforme sociale ». Les deux dirigeants se préparent à des discussions compliquées.

Tenace et imperturbable


A Bercy, Eric Wœrth a été le maître d'œuvre de la « revue générale des politiques publiques », avec notamment le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Il a donné l'exemple au ministère de l'Economie et des finances et a réussi la fusion des services sur laquelle le socialiste Christian Sautter était tombé. Ce juppéiste a toujours défendu le bouclier fiscal, mais s'est engagé avec vigueur dans la lutte contre l'évasion fiscale. Tenace sous un calme imperturbable, il a toutefois su dialoguer avec les syndicats de la fonction publique, un accord étant signé par sept syndicats sur huit ; un autre, par six.
Son ministère récupère d'ailleurs la Fonction publique sous son autorité. Une façon de signifier que la réforme des retraites concernera autant le secteur public que le privé. Mais il a déjà rassuré le premier sur le mode de calcul de ses pensions.


 

Chantal DIDIER