Les syndicats de l'Insee reviennent à la charge

Publié le 03/04/2010
Invoquant d'importantes tensions budgétaires, les syndicats de l'Insee demandent au gouvernement de renoncer à transférer à Metz 625 statisticiens.
Les syndicats de l'Insee reviennent à la charge
Les syndicats de l'Insee reviennent à la charge
Invoquant d'importantes tensions budgétaires, les syndicats de l'Insee demandent au gouvernement de renoncer à transférer à Metz 625 statisticiens.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 03 Avril 2010. / Metz / Actualité

L'Insee est un bien mauvais payeur : tel est, en substance, le message adressé hier par les syndicats nationaux de l'Institut national de la statistique et des études économiques, qui tirent la sonnette d'alarme. « Des milliers de factures impayées sont en souffrance », dénonce l'intersyndicale (CGT, CFDT, CGT-FO, Sud), qui fait état de « retards de paiement redoutables » pour un certain nombre de « petits fournisseurs ». Celui-ci aurait déjà reçu des dizaines de « mises en demeure de payer » émanant de ses prestataires de services. « Il n'est pas exclu que des entreprises fassent faillite. L'amputation des moyens de la statistique publique menace l'emploi privé. Le gouvernement doit prendre d'urgence la mesure du problème : si le budget de l'Insee reste à ce niveau, il prend la responsabilité de licenciements pour raison économique », dramatisent les syndicats. Ces derniers mettent en cause les « coupes drastiques » réalisées dans son budget de fonctionnement, lequel aurait baissé de 25 % depuis la mise en oeuvre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP).Il fallait s'y attendre, l'intersyndicale de l'Insee prend prétexte de ces tensions budgétaires pour critiquer, une fois de plus, le projet d'installation à Metz d'une partie de ses services. Un transfert censé « compenser » en partie la suppression de milliers d'emplois militaires et civils, dans l'agglomération messine, saignée par les restructurations engagées dans les armées. Lors de sa dernière visite en Lorraine, Nicolas Sarkozy s'était engagé à ce que 625 agents de l'Insee viennent s'établir prochainement à Metz (lire RL du 8 décembre 2009). Un bâtiment neuf doit être construit pour les accueillir, en lieu et place de l'actuelle direction régionale de la SNCF. L'hypothèse d'une implantation sur la Zac de l'Amphithéâtre est également dans l'air.
Horrifiés par la perspective de ce déménagement en province, les syndicats dont feu de tout bois pour s'y opposer. « On nous annonce une installation à Metz dans des locaux de la SNCF. Des travaux devront être réalisés pour leur aménagement et leurs mises aux normes. Mais avec quel budget ? », s'interrogent-ils. « Quelle entreprise messine prendra le risque de passer un contrat avec l'Insee alors que 3 000 factures étaient en attente le 16 mars 2010 ? Quelle entreprise messine s'engagera dans des travaux sans être sûre de pouvoir payer ses salariés ? », se demande l'intersyndicale. Qui suggère en guise de conclusion : « Plutôt que de s'entêter dans un projet de délocalisation coûteux (environ 200 millions d'euros), le gouvernement devrait consacrer cette somme pour abonder le budget de l'Insee ». Et Metz, dans tout ça ? « Des projets de développement » pourraient être réalisés à son profit, grâce aux économies réalisées par le maintien de ses services en région parisienne.
CQFD ! Il est interdit de rire.