Les syndicats de Sochaux craignent de la casse

Publié le 01/03/2012
DU POUR ET DU CONTRE. Il y avait un peu des deux, hier soir, dans la bouche des leaders syndicaux du site de Sochaux. Jacques Mazzolini, de la CFE-CGC, remarque qu'il ne s'agit pas d'une simple entente entre PSA et Opel (propriété de GM), mais d'une alliance mondiale.
Les syndicats de Sochaux craignent de la casse
Les syndicats de Sochaux craignent de la casse
DU POUR ET DU CONTRE. Il y avait un peu des deux, hier soir, dans la bouche des leaders syndicaux du site de Sochaux. Jacques Mazzolini, de la CFE-CGC, remarque qu'il ne s'agit pas d'une simple entente entre PSA et Opel (propriété de GM), mais d'une alliance mondiale.

© Vosges Matin, Jeudi le 01 Mars 2012 / France Monde / Sochaux + Est Répu

Donc d'« une opportunité de conquête de marchés jusqu'ici imprenables », comme l'Amérique du Nord. Dernière trace visible de l'étoile filante Peugeot chez l'oncle Sam : la 203 de l'inspecteur Columbo.

Mais « GM c'est aussi Opel, rappelle Pascal Pavillard, pour Force ouvrière. Et Opel, ce sont 7.000 personnes dans la recherche et le développement », autant que dans le Pays de Montbéliard pour Peugeot-Citroën. « Chacun a en tête des rapprochements qui ont amené à la chasse aux doublons et à la perte de milliers d'emplois », écrit la CGT. Et la CFE-CGC de prédire « un gros impact sur la R & D, on ne va pas mettre deux équipes sur les moteurs », sait, par exemple, le représentant des ingénieurs et techniciens.

Des fermetures précipitées ?

FO, de son côté, pense aux ouvriers. Selon elle, l'annonce d'hier soir précipitera des fermetures. « Un plus un, ça ne fait jamais deux. Nous n'avons pas tous les éléments, mais il y a de quoi être inquiet ». En particulier pour l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, déjà sur la sellette avant le mariage PSA-GM, voire pour certains sites Opel d'outre-Rhin, alors que l'Europe produit trop de véhicules en regard de la demande actuelle. La CGT invite les représentants des salariés américains et allemands à une rencontre « pour veiller à ce que l'alliance entre leurs patrons ne se fasse pas au détriment des emplois ». Et d'attendre du gouvernement français qu'il impose une grande condition aux constructeurs : « Le maintien de tous les sites ».

Une chose est certaine : « C'est un changement de cap » (FO) et la reconnaissance implicite d'« une erreur » (CFDT). « Jusqu'à présent, les dirigeants de PSA ont voulu tout faire tout seul. Maintenant, on a dix ans de retard sur les autres », affirme Guy Miseré.

Fâchés d'avoir été hier après tout le monde, les représentants du personnel ont demandé au président du directoire de PSA, Philippe Varin, de réunir dès que possible un comité de groupe européen.

Damien BESSOT