Les syndicats en ordre dispersé

Publié le 22/08/2011
La rentrée s'annonce difficile pour les syndicats, assez divisés et qui se retrouvent d'emblée placés sur la défensive de par la volonté du gouvernement de donner un nouveau tour de vis budgétaire pour cause de crise de la dette.
Les syndicats en ordre dispersé
Les syndicats en ordre dispersé
La rentrée s'annonce difficile pour les syndicats, assez divisés et qui se retrouvent d'emblée placés sur la défensive de par la volonté du gouvernement de donner un nouveau tour de vis budgétaire pour cause de crise de la dette.

© Vosges Matin, Lundi le 22 Aout 2011 / Fait du jour

 

Réunion de l'intersyndicale FSU, CGT et Solidaires sur la dette, jeudi dernier. (AFP)

 L'expérience prouve d'autre part que la proximité d'échéances électorales -- présidentielle et législatives en 2012 -- n'est guère propice aux grandes mobilisations, les leaders politiques attirant irrésistiblement les projecteurs.

Sur fond d'élections professionnelles en octobre dans les Fonctions publiques, l'automne pourrait voir la concurrence l'emporter sur la concorde intersyndicale. « C'est une rentrée assez compliquée », observe le patron de FO Jean-Claude Mailly.

Les syndicats sont d'abord mal remis du conflit sur les retraites, pendant lequel de multiples manifestations massives n'ont pas suffi à faire fléchir le gouvernement, en dépit d'une très large unité, quasiment sans précédent. Plusieurs experts des questions sociales avaient alors parlé d'»impasse stratégique » du mouvement syndical. Les organisations syndicales ont d'autant moins de solution de rechange que la situation économique n'offre pas de « grain à moudre », selon la formule passée à la postérité d'André Bergeron, l'ex-dirigeant de FO.

Le chômage reste à un niveau élevé (2,7 millions pour la seule catégorie A, ceux qui ne travaillent pas du tout), un sale printemps ayant effacé l'amélioration du début de l'année, tandis que l'hémorragie des emplois continue dans la Fonction publique, toujours à la diète. Dans ce contexte, chaque organisation syndicale joue sa partition : la CFDT et FO, notamment, ont misé sur quelques accords signés avec le patronat -- emploi des jeunes, retraites complémentaires... -- pour tenter de démontrer « l'efficacité du syndicalisme ». A l'inverse, la CGT, estimant que les syndicats doivent chercher à faire fructifier le capital de combativité amassé lors du conflit sur les retraites, a haussé le niveau de ses exigences. « Il est possible que nous traversions une séquence de divisions », admettait son numéro un Bernard Thibault en juillet. Fer de lance de la contestation sur les retraites, l'intersyndicale nationale, réduite à cinq composantes (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires), a vivoté au 1er semestre.

Un sursaut vient de se produire, lors d'une réunion laborieuse mais productive jeudi : un appel commun au gouvernement à réunir un sommet social où les syndicats feraient entendre haut et fort leur hostilité à tout plan d'austérité et leur credo en une autre politique.

Le refus de François Fillon de donner satisfaction sur ce point à l'intersyndicale témoigne toutefois de l'état du rapport de force. Appuyée par la FSU et Solidaires, la CGT s'active à préparer une rentrée combative, avec une journée d'action fin septembre-début octobre. Une mobilisation qui n'a pas, pour le moment, les faveurs de la CFDT. L'intersyndicale en reparlera dès mercredi, après l'annonce des mesures anti-déficit par M. Fillon.