Les syndicats en position difficile

Publié le 22/08/2011
LA RENTRÉE S'ANNONCE difficile pour les syndicats, assez divisés et qui se retrouvent d'emblée placés sur la défensive de par la volonté du gouvernement de donner un nouveau tour de vis budgétaire pour cause de crise de la dette.
Les syndicats en position difficile
Les syndicats en position difficile
LA RENTRÉE S'ANNONCE difficile pour les syndicats, assez divisés et qui se retrouvent d'emblée placés sur la défensive de par la volonté du gouvernement de donner un nouveau tour de vis budgétaire pour cause de crise de la dette.

© L'Est Républicain, Lundi le 22 Aout 2011 / Ouverture France-Monde

 

FO (Jean-Claude Mailly), la CGT (Bernard Thibault) et la CFDT (François Chérêque) sont loin de la concorde. Photo d'archive Alexandre MARCHI

Sur fond d'élections professionnelles en octobre dans les Fonctions publiques, l'automne pourrait voir la concurrence l'emporter sur la concorde intersyndicale. « C'est une rentrée assez compliquée », observe le patron de FO Jean-Claude Mailly.

Les syndicats sont d'abord mal remis du conflit sur les retraites, pendant lequel de multiples manifestations massives n'ont pas suffi à faire fléchir le gouvernement, en dépit d'une très large unité. Plusieurs experts des questions sociales avaient alors parlé d'« impasse stratégique » du mouvement syndical.

Les organisations syndicales ont d'autant moins de solution de rechange que la situation économique n'offre pas de « grain à moudre », selon la formule passée à la postérité d'André Bergeron, l'ex-dirigeant de FO.

Le chômage reste à un niveau élevé (2,7 millions pour la seule catégorie A, ceux qui ne travaillent pas du tout) tandis que l'hémorragie des emplois continue dans la Fonction publique, toujours à la diète. Morosité aussi du côté des salaires : les hausses devraient se limiter à 2,6 % en 2011, contre une moyenne de 3,3 à 3,5 % durant les trente dernières années. Dans ce contexte, chaque organisation syndicale joue sa partition : la CFDT et FO, notamment, ont misé sur quelques accords signés avec le patronat (emploi des jeunes, retraites complémentaires...)

Sursaut

À l'inverse, la CGT s'active à préparer une rentrée combative, avec une journée d'action fin septembre-début octobre. Une mobilisation qui n'a pas, pour le moment, les faveurs de la CFDT. Fer de lance de la contestation sur les retraites, l'intersyndicale nationale, réduite à cinq composantes (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires), a vivoté au 1er semestre. Un sursaut s'est produit jeudi dernier avec l'appel commun au gouvernement à réunir un sommet social. Le refus de François Fillon de donner satisfaction sur ce point à l'intersyndicale témoigne toutefois de l'état du rapport de force. Ils seront toutefois reçus à partir de jeudi à Matignon. L'intersyndicale se sera réunie la veille.