Les syndicats ne battent pas en retraite

Publié le 29/09/2010
Les centrales syndicales après « le franc succès » des manifestations de jeudi ont appelé à deux nouvelles manifestations dans toute la France le samedi 2 et le mardi 12 octobre.
Les syndicats ne battent pas en retraite
Les syndicats ne battent pas en retraite
Les centrales syndicales après « le franc succès » des manifestations de jeudi ont appelé à deux nouvelles manifestations dans toute la France le samedi 2 et le mardi 12 octobre.

© Vosges Matin, Samedi le 25 Septembre 2010 / France / PARIS
 
Les chefs de file de l'UNSA, de la CFDT, de la CGT, de la CFTC et de la FSU « ont mis en garde le gouvernement sur l'ignorance de la colère qui s'exprime profondément. » (Photo AFP)

Les syndicats ont annoncé hier deux nouvelles journées de protestation, début octobre, contre le projet de réforme des retraites, au lendemain d'une nouvelle mobilisation massive dans la rue, minimisée par le gouvernement qui oppose « un non ferme » aux manifestants. Réunie dans la matinée au siège de la CGT à Montreuil, l'intersyndicale a appelé à des manifestations le samedi 2 octobre dans toute la France, puis une journée de grèves et de manifestations le mardi 12 octobre. Qualifiant la journée de jeudi de « franc succès », elle a mis « en garde le gouvernement sur les conséquences que provoquerait l'ignorance de la colère qui s'exprime profondément », dans un texte signé par six confédérations (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa, FSU). Non signataires, FO, qui souhaite le retrait pur et simple du projet de loi, et Sud, qui aurait souhaité une journée d'actions plus tôt, ont aussi appelé à participer à ces actions. « Quoi qu'en dise le gouvernement, la démobilisation suite au vote à l'Assemblée nationale, n'a pas eu lieu. C'est bien l'exigence d'un véritable débat et l'examen d'autres alternatives au projet de loi qui s'expriment plus fortement », estiment les syndicats, qui ont prévu de se revoir le 4 octobre, à la veille de l'examen de la réforme au Sénat.

Les organisations signataires rappellent « la journée de manifestation européenne du 29 septembre pour s'opposer aux plans de rigueur en Europe ». « Elle donnera l'occasion à des milliers de salariés français de porter leurs revendications, notamment sur la retraite, à Bruxelles et partout en France ».

Rejet croissant

Jeudi, autour de 3 millions de personnes ont manifesté contre la réforme selon les syndicats, moins d'un million selon le ministère de l'Intérieur. Pour les premiers, les cortèges étaient sensiblement plus fournis que le 7 septembre, pour le gouvernement, les défilés et les grèves dans la fonction publique ont drainé moins de monde. Hier, devant les parlementaires UMP, François Fillon a opposé un « non ferme et tranquille » aux manifestants. De Luc Chatel (porte-parole) à Eric Woerth (Travail), les ministres ont répété le même mot, « décélération », plusieurs socialistes dénonçant un « mépris » de l'exécutif. La réforme des retraites ne figurait pas dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy et au fil des sondages, l'opinion manifeste un rejet croissant. D'éventuelles modifications du texte à la marge pourraient intervenir au Sénat où la réforme arrive en discussion plénière le 5 octobre. Mais pas sur le report à 62 et 67 ans de l'âge de la retraite. 

« Il y aura des amendements sur la situation des femmes, cela fait partie du petit jeu mais pour le moment, le gouvernement bouge sur des choses prévues dès le départ selon un scénario pré-écrit et les mobilisations n'auront pas percuté le projet gouvernemental », analyse le politologue et historien René Mouriaux. « Ou bien on va vers une radicalisation si la base se durcit, mais la CGT n'en veut pas pour ne pas se séparer de la CFDT, elle-même fondamentalement hostile aux grèves bloquantes. Ou bien on va vers un effilochage », a-t-il exposé.