Les syndicats rappellent à Ikea son modèle social

Publié le 13/02/2010
Les principaux syndicats d'Ikea appellent les 9 000 salariés de l'enseigne à une nouvelle grève « massive » aujourd'hui pour exiger 4 % de hausse salariale pour tous, après une semaine de bras de fer avec la direction.
Les syndicats rappellent à Ikea son modèle social
Les syndicats rappellent à Ikea son modèle social
Les principaux syndicats d'Ikea appellent les 9 000 salariés de l'enseigne à une nouvelle grève « massive » aujourd'hui pour exiger 4 % de hausse salariale pour tous, après une semaine de bras de fer avec la direction.

Le Républicain Lorrain, Samedi le 13 Février 2010 / IG /

 

La grève sans précédent des salariés d'Ikea France écorne le modèle social revendiqué par l'enseigne suédoise, qui a développé sa marque dans 25 pays au travers de 267 magasins. Photo AFP

Déçus par les propositions salariales, les syndicats d'Ikea France, en conflit depuis une semaine, ont appelé à une grève qui touchera les magasins ce week-end, du jamais vu pour le géant suédois de l'ameublement, qui s'est toujours érigé en modèle social. C'est la première fois qu'Ikea est confronté à un mouvement social « d'une telle ampleur », a reconnu hier la direction. Ikea emploie quelque 8 800 salariés dans 26 magasins en France. Simplicité, hiérarchie courte, recherche du consensus, recrutement basé sur les compétences... telles sont les valeurs prônées par le spécialiste du meuble en kit. La politique de rémunération se veut elle aussi avantageuse avec, selon les données du groupe, un salaire le plus bas pour 35H à 1 464,57 EUR brut, soit 8,9 % au-dessus du Smic. Les employés bénéficient d'un 13e mois, d'une prime de participation et d'intéressement, ainsi que d'une prime de modulation de 2,5 %.

Selon Anissa Arabi, représentante syndicale CFDT commerce et services, « la colère monte dans tous les magasins ». « Le plus fort » de la mobilisation est attendu aujourd'hui, jour traditionnel de forte affluence de la clientèle, a confirmé Sébastien Heim, délégué syndical central FO. Déçus par les propositions d'augmentation de salaire de la direction, les syndicats FO, CGT, CFDT et CFTC d'Ikea France ont appelé jeudi soir les salariés du groupe à une grève immédiate, qu'ils qualifient eux aussi « d'historique ».

« Valeurs »

« Ikea France dégage des bénéfices énormes et les augmentations de salaire ne suivent pas », a dénoncé Jean-Paul Barbosa, délégué CFDT au comité européen. Selon les syndicats, Ikea France a dégagé 52 millions de bénéfices nets en 2009, un chiffre non confirmé par la direction. « Les valeurs de solidarité, de reconnaissance, d'esprit d'équipe et de développement des ressources humaines sont maintenant clairement abandonnées », déplore la CFDT.
Le mouvement de grève local a débuté samedi dernier, puis la situation s'est tendue avec l'occupation, à partir de lundi, du siège social du groupe à Plaisir par des syndicalistes de FO. L'occupation du bâtiment, interrompue mercredi soir, a repris jeudi soir, la réunion de négociation annuelle obligatoire (NAO) jeudi n'ayant pas répondu aux attentes des syndicats, qui se sont dits « déçus ». Les trois principaux syndicats (FO, CGT, CFDT) réclament une hausse générale des rémunérations de 4 %. Ikea France a proposé pour les employés une augmentation collective de 1 % et une hausse individuelle en fonction des performances de 1 %. Pour les cadres et les agents de maîtrise, l'enveloppe d'augmentation individuelle s'élèverait à 2 %, sans augmentation générale, avec une hausse de 5 % du forfait dimanche. Leur précédente proposition était une augmentation moyenne de 1,2 % sur la base de hausses individuelles ou au mérite, sans augmentation générale. Une nouvelle réunion « d'échanges » portant sur les conditions de travail est prévue lundi en fin de matinée avec les syndicats, selon la direction.