Limiter les travailleurs immigrés : la controverse

Publié le 19/04/2011
La décision du gouvernement de réduire le recours aux travailleurs étrangers a suscité hier un tollé du côté des syndicats qui dénoncent un discours anti-immigration et la réserve du patronat dont la chef de file Laurence Parisot plaide pour un pays « ouvert ».
Limiter les travailleurs immigrés : la controverse
Limiter les travailleurs immigrés : la controverse
La décision du gouvernement de réduire le recours aux travailleurs étrangers a suscité hier un tollé du côté des syndicats qui dénoncent un discours anti-immigration et la réserve du patronat dont la chef de file Laurence Parisot plaide pour un pays « ouvert ».

Vosges Matin, Mardi le 19 Avril 2011 / France / PARIS

 

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a annoncé la veille son intention de réduire la liste des « métiers en tension » pour lesquels les employeurs ont du mal à trouver des candidats adéquats et peuvent recruter des immigrés. Il veut donner la priorité à « la formation » des chômeurs français pour occuper ces postes. Un arrêté de 2008 définit pour chaque région une liste de métiers -- une trentaine au total -- ouverts aux étrangers : il s'agit pour l'essentiel de professions qualifiées et techniques- informaticiens, géomètre, opérateur de formage du verre, contrôle comptable -- et aussi liés au secteur BTP. Pour certains pays (Tunisie, Sénégal), la liste est plus large.

A un an de l'élection présidentielle et en pleine controverse sur l'immigration, l'annonce a déclenché l'ire des syndicats : « C'est une façon déguisée de faire du discours contre l'immigration », a accusé le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. Son homologue de FO Jean-Claude Mailly dénonce un « discours dangereux » qui « dans le contexte actuel sent mauvais ». Le patronat n'est pas d'un avis très différent : « On peut chaque année revisiter ces catégories professionnelles », concède la présidente du Medef Laurence Parisot, « mais on parle de 20 000 personnes. Est-ce qu'il y a un sujet sur 20 000 personnes ? ». « Ce n'est pas le coeur du sujet. » De son côté, la CGPME, autre organisation patronale, insiste sur la nécessité de la formation des jeunes chômeurs mais « en attendant il faut que nos entreprises soient capables d'honorer leurs carnets de commande, et ne perdent pas de contrats », prévient Geneviève Roy.