Manifs contre les retraites : les syndicats confiants

Publié le 23/09/2010
Contraints de faire mieux que le 7 septembre pour éviter que le gouvernement parle d'essoufflement, les syndicats affichent leur optimisme et appellent lycéens et étudiants à se joindre aux actions pour les retraites aujourd'hui.
Manifs contre les retraites : les syndicats confiants
Manifs contre les retraites : les syndicats confiants
Contraints de faire mieux que le 7 septembre pour éviter que le gouvernement parle d'essoufflement, les syndicats affichent leur optimisme et appellent lycéens et étudiants à se joindre aux actions pour les retraites aujourd'hui.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 23 Septembre 2010 / IG /
 

 

François Chérèque a prévenu : « Les salariés n'en resteront pas là. » Photo RL

Face à un gouvernement inflexible sur le recul de l'âge de la retraite, les syndicats jouent gros aujourd'hui : ils doivent prouver qu'à deux semaines d'intervalle ils sont capables de réussir des mobilisations d'ampleur équivalente, alors même que la réforme a été adoptée par l'Assemblée nationale. Convaincus de réunir autant de monde dans la rue que le 7 septembre, ils anticipent déjà les prochaines étapes de la mobilisation contre la réforme gouvernementale. « Nul ne peut savoir ce que sera la mobilisation mais nous n'avons pas varié sur le coeur de la réforme », a encore affirmé le ministre du Travail Eric Woerth hier.

Le nouveau mouvement a fait sentir ses premiers effets dès hier soir, avec l'entrée en grève des cheminots qui se traduira par un trafic ferroviaire très ralenti. Le 7 septembre, le nombre de manifestants s'était échelonné entre 1,12 million (ministère de l'Intérieur) et plus de 2,7 millions (CGT). Un même niveau de participation serait sans nul doute interprété par le gouvernement comme un essoufflement.

L'inconnue réside dans la mobilisation des étudiants ou lycéens. « On sent qu'il y a une attente et une envie de se bouger », indique-t-on à l'Unef. « Si ce sont des manifestations à répétition, ce n'est possible en terme d'efficacité que si les étudiants et lycéens sont avec nous », a estimé hier le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. A en croire le secrétaire général de la CFDT François Chérèque, le gouvernement « est en plein doute » sur les vertus de sa réforme, qui affrontera l'épreuve du Sénat à partir du 5 octobre.

A la CGT, un optimisme prudent l'emporte. Nadine Prigent, table sur un mouvement « très comparable, voire supérieur » au 7 septembre.

« Tension croissante »

Au total, 231 manifestations auront lieu aujourd'hui, contre 213 le 7. Le leader de la CGT Bernard Thibault y voit la preuve d'« un ancrage plus important sur l'ensemble du territoire ». Dans ce contexte de « tension » croissante avec l'exécutif, selon lui, le front syndical promet de tenir bon.

« Nous sommes dans un mouvement durable. La CFDT ne se désolidarisera pas de l'intersyndicale », a assuré Chérèque avant de prévenir que « les salariés n'en resteront pas là » si le gouvernement « reste sourd », tandis que son homologue de la CGT promet d'« aller jusqu'au bout ». Au plan national, on se dirige vers des manifestations coordonnées un samedi (les 2 ou 9 octobre), malgré les fortes réserves de FO, qui préfère « une grande journée de grève nationale ».

Au plan local, dans les entreprises et administrations, la CGT, Sud et la FSU encouragent les divers appels à des grèves reconductibles. Des blocages de routes ou de sites industriels sont possibles, comme cela s'est produit mardi pour un dépôt pétrolier de Total en Savoie.