Matignon : premières consultations du gouvernement sur les réformes

Publié le 30/05/2012
Le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, a lancé hier la première étape de ses consultations en vue des réformes sociales du quinquennat, sur fond de craintes de multiplication de plans sociaux, alors que syndicats et patronat exercent tour à tour des pressions opposées.
Matignon : premières consultations du gouvernement sur les réformes
Matignon : premières consultations du gouvernement sur les réformes
Le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, a lancé hier la première étape de ses consultations en vue des réformes sociales du quinquennat, sur fond de craintes de multiplication de plans sociaux, alors que syndicats et patronat exercent tour à tour des pressions opposées.

© L'Est Républicain, Mercredi le 30 Mai 2012 / Ouverture France-Monde / Matignon + Vosges Matin

 


Acte I du dialogue social

 

Jean-Marc Ayrault, entouré de ses ministres, face aux partenaires sociaux. Photopqr/LE PARISIEN

M. Ayrault, entouré par quatre ministres, Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Marylise Lebranchu (Fonction publique), a reçu durant une heure chaque délégation : cinq syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et trois patronales (Medef, CGPME, UPA).

Maintenant il y a une « impatience »

Le leader de la CGT, Bernard Thibault, a d'emblée mis la pression sur le gouvernement de gauche en lui rappelant que c'est « une majorité de salariés » qui a « contribué » à l'élection de François Hollande. Maintenant, il y a une « impatience » de premières mesures « rapides » qui « modifient le quotidien », a dit celui qui avait appelé à battre Nicolas Sarkozy.

M. Thibault a remis au Premier ministre une liste de 46 entreprises en redressement ou en liquidation, soit près de 45.000 emplois menacés, qui va se « cumuler ou se croiser » avec la « propre liste du gouvernement ». Il a réclamé une loi pour « permettre aux salariés de contrarier la décision des gestionnaires lorsqu'il n'y a pas de bien-fondé économique aux licenciements ».

Le numéro un de la CFDT, François Chérèque, a proposé, lui, la re-création d'une « mission interministérielle sur les plans sociaux », tandis que son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, prônait le retour d'un « commissariat au plan ».

De son côté, la patronne du Medef, Laurence Parisot espérait convaincre le gouvernement de ne pas compromettre la compétitivité des entreprises et de mettre la pédale douce notamment sur une hausse du Smic, hantise des PME.

Une hausse du Smic « est toujours dangereuse » pour l'emploi et doit être « a minima », a prévenu le numéro un de la CGPME, Jean-François Roubaud. Le gouvernement n'a pas encore précisé l'ampleur du coup de pouce. La CGT et FO demandent une vraie hausse. « Certains considèrent que j'en demande trop, je rappellerai tout simplement que le seuil de pauvreté en France est à 954 euros et que le Smic est à 1.100 euros », a lancé M. Mailly.

Mais, pour la CFDT, le problème est d'abord « qu'il y a trop de salariés au Smic et qui le restent ».

Autre sujet urgent, source de divergences entre patronat et syndicats : le décret en préparation sur les retraites qui devrait sortir entre les deux tours des législatives pour permettre un départ à 60 ans des salariés ayant commencé à travailler très tôt. Les contours restent à préciser.

Pour l'ex-Premier ministre François Fillon, les syndicats seront « les premiers cocus de la gauche », notamment sur ce dossier.