Maxime Dumont - Pourquoi un durcissement de l'action ?

Publié le 16/10/2010
Avec le succès des différentes manifestations, on pensait que le gouvernement infléchirait un peu sa position. Il n'en est rien. Il joue le pourrissement, donc il faut frapper plus fort et donner davantage d'ampleur à l'opposition à la réforme des retraites.
Maxime Dumont - Pourquoi un durcissement de l'action ?
Maxime Dumont - Pourquoi un durcissement de l'action ?
Avec le succès des différentes manifestations, on pensait que le gouvernement infléchirait un peu sa position. Il n'en est rien. Il joue le pourrissement, donc il faut frapper plus fort et donner davantage d'ampleur à l'opposition à la réforme des retraites.

© L'Est Républicain, Samedi le 16 Octobre 2010 / France-Monde

 

Or, si on constate que 71 % approuvent les manifs et que 59 % souhaitent un durcissement, tous ne peuvent descendre dans la rue, car la vie est dure et c'est difficile de revendiquer quand on a du mal à joindre les deux bouts. C'est là que notre devoir de solidarité des routiers doit intervenir.

C'est-à-dire ?

C'est l'heure, pour nous, de renvoyer la balle aux Français. Malgré les désagréments occasionnés pendant les mouvements de 95-96, ils nous avaient soutenus, ils étaient derrière nous et avaient contribué à nous permettre d'obtenir satisfaction. Les routiers n'ont pas la mémoire courte, ils s'en rappellent. La solidarité entre Français, c'est ça : que ceux qui peuvent, agissent. C'est notre cas.

« Ras-le-bol général »

Ce serait donc un devoir moral ?

Tout à fait, et puis nous sommes intégrés dans la population, nous avons des enfants. Enfin, ne nous leurrons pas, ce seront à terme toutes les retraites, y compris les nôtres, qui seront menacées, il ne faut pas être dupe.

S'agit-il du premier grand tournant dans le conflit ?

Non, les copains de la SNCF ont déjà haussé le ton. Mais au-delà des retraites, notre mouvement traduit un ras-le-bol général : les salaires sont bloqués, le chômage augmente et la crise a continué de profiter aux mêmes. On voit tout ce qui ne va pas, cependant que les banquiers se sont ''refait la cerise''. Allez négocier salaires avec le Medef, on vous ressort le même discours : pas d'argent... C'est devenu intenable.

Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?

Le mouvement va monter en puissance. la CFDT se réunira en début de semaine avec la CGT afin d'envisager des actions coordonnées. Pour être efficace et porter ses fruits, notre action doit être unitaire.

Propos recueillis

par Antoine PETRY