Méfiance

Publié le 06/01/2011
L'absence délibérée de la CGT aux voeux présidentiels est sans doute révélatrice d'un climat peu propice au dialogue social. Une attitude inhabituelle de la part de la confédération de Bernard Thibault, mais qui revêt un caractère plus symbolique que pratique.
Méfiance
Méfiance
L'absence délibérée de la CGT aux voeux présidentiels est sans doute révélatrice d'un climat peu propice au dialogue social. Une attitude inhabituelle de la part de la confédération de Bernard Thibault, mais qui revêt un caractère plus symbolique que pratique.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 06 Janvier 2011 / IG /

 

Ce n'est pas devant les partenaires sociaux conviés à l'Elysée, comme chaque année, que des négociations vont se nouer, Nicolas Sarkozy devant profiter de l'occasion pour tracer ses grands objectifs de 2011 dont la plupart sont connus. Ce qui est en tout cas tangible, c'est que le pouvoir politique ne devrait pas être seul en première ligne sur le terrain social. Est-ce un signe de cet allègement de l'agenda social élyséen que le nouveau conseiller spécialisé à l'Elysée, Jean Castex, ait conservé ses mandats électifs en Languedoc-Roussillon, comme s'il n'envisageait pas un plein-temps ?

Il est vrai que les deux négociations les plus importantes en ce début d'année sont lancées sur des sujets où les syndicats ont pour interlocuteurs directs le patronat. C'est le cas de l'accord AGFF relatif aux retraites complémentaires ARRCO/AGIRC qui a été reconduit jusqu'en juin prochain, et sur le renouvellement duquel pèse la réforme du régime général adoptée en novembre dernier. Mais c'est aussi le cas d'une « délibération » ouverte dès à présent par le Medef avec la CFDT sur l'emploi des jeunes, à laquelle devraient se joindre d'autres confédérations, la CGT livrant demain sa décision d'y participer ou pas.

En 2011, la priorité du président de la République sera, comme on le sait, la réforme de la dépendance mais, pour l'heure, elle a seulement donné lieu à la création par le gouvernement de « groupes de travail » où des syndicalistes sont certes conviés mais avec la perspective d'un projet de loi qui, ensuite, devrait mobiliser au premier chef le Parlement.

Nul doute qu'au fil des mois, la perspective de la présidentielle va peser sur le dialogue social en général. L'impromptu de la « fin des 35 heures », dont l'UMP veut faire son cheval de bataille, n'étant pas le moindre des motifs de méfiance des syndicats, déjà bien échaudés par la réforme des retraites.

Jean-Michel HELVIG.