Mesures anti-déficit : les syndicats français réclament une vraie concertation

Publié le 19/08/2011
Les syndicats demandent à être reçus tous ensemble avant que le gouvernement n'arrête des mesures destinées à contenir les déficits.
Mesures anti-déficit : les syndicats français réclament une vraie concertation
Mesures anti-déficit : les syndicats français réclament une vraie concertation
Les syndicats demandent à être reçus tous ensemble avant que le gouvernement n'arrête des mesures destinées à contenir les déficits.

Le Républicain Lorrain, L'Est Républicain, Vosges Matin,  Vendredi le 19 Aout 2011 / IG

 

L'intersyndicale met la pression


Marcel Grignard, de la CFDT, a salué« la capacité des organisations syndicalesà dépasser leurs intérêts particuliers ». Photo AFP

Malgré ses divisions, l'intersyndicale animée par la CGT et la CFDT a pressé hier l'exécutif d'organiser « une véritable concertation sociale » pour tenter de parer à un éventuel plan d'austérité, insatisfaite de l'annonce de consultations séparées des syndicats par François Fillon. La « gravité », selon tous les participants, de la situation économique et sociale en France et dans la zone euro, a donné un air d'unité à la rencontre entre les syndicats CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires, qui avait été décidée avant la pause estivale.

A l'exception d'un texte anti-FN, c'est la première fois cette année que les Cinq, dont les liens s'étaient distendus ces derniers mois, publient une déclaration commune, renouant avec l'habitude prise pendant le conflit des retraites à l'automne 2010. « L'intersyndicale a pris toutes ses responsabilités », selon la patronne de la FSU, Bernadette Groison. Le numéro deux de la CFDT, Marcel Grignard, a salué « la capacité des organisations syndicales à dépasser leurs intérêts particuliers » pour « viser l'intérêt général ». A « faire fi de leur pré-carré », a complété Jean Grosset (Unsa). « Nous sommes satisfaits de la dynamique unitaire d'aujourd'hui », a commenté Nadine Prigent, dirigeante de la CGT.

Les syndicats se sont dits dans l'ignorance du calendrier de consultation des acteurs sociaux par le Premier ministre, alors qu'ils ont demandé à être reçus avant que le gouvernement n'arrête mercredi prochain des mesures destinées officiellement à contenir les déficits. Ils se reverront le soir même pour réagir, avec l'espoir exprimé par tous que les trois absents (FO, CFTC, CFE-CGC) soient là cette fois.

Si FO a marqué sa préférence pour des entretiens bilatéraux avec François Fillon, les Cinq ne s'en satisfont pas. Demander « une véritable concertation sociale » revient à ce que « les organisations syndicales soient reçues ensemble », ce qui équivaudrait à un sommet social comme l'avait réclamé la veille le leader de la CFDT François Chérèque. « Des bilatérales sont utiles, mais ne remplacent pas une concertation globale », selon Grignard.

Très modérée dans le choix des mots, la déclaration commune souligne que « le chômage reste très élevé » et que « la précarité s'est accentuée » tandis que « la politique fiscale est inéquitable et épargne les plus hauts revenus ». Elle réclame que priorité soit donnée à « l'emploi, la cohésion sociale, la réduction des inégalités, la maîtrise des déficits publics ». C'est la première fois que les syndicats, répondant à une demande insistante de la CFDT, rangent la lutte contre les déficits parmi les priorités.