Mi-mandat La réforme des retraites, un dossier lourd de conséquences

Publié le 06/09/2010
Moment clé du quinquennat
Mi-mandat La réforme des retraites, un dossier lourd de conséquences
Mi-mandat La réforme des retraites, un dossier lourd de conséquences
Moment clé du quinquennat

L'Est Républicain, Lundi le 06 Septembre 2010 / Ouverture France-Monde

 


L'analyse. Avec la réforme des retraites, dont il a fait un marqueur de son action réformatrice, se joue le sort des deux dernières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy mais aussi l'avenir du syndicalisme en France, qui a besoin de faire la preuve de ses capacités de résistance.

Depuis des mois, Nicolas Sarkozy répète à tous ses interlocuteurs que la réforme des retraites sera « la réforme emblématique » de son mandat, la « priorité absolue » de sa deuxième moitié de quinquennat, celle qui doit prouver qu'il a respecté son engagement électoral de « changer la France ».

Le président de la République sait qu'il joue gros. « Il a dit lui-même qu'il s'agissait de la dernière grande réforme de son quinquennat. S'il ne la réussit pas (...), il risque de perdre de son influence sur son électorat à droite », selon Guy Groux, chercheur à Sciences Po.

La crédibilitédu syndicalisme en jeu

Le sort de la réforme pourrait donc peser lourd à l'élection présidentielle de 2012, surtout si le président sortant se représente. « Cette rentrée est un moment clé. C'est maintenant que tout se met en place pour 2012 : les thèmes, les candidats, les stratégies. Les quatre à cinq mois qui viennent seront décisifs », complète le politologue Pascal Perrineau.

« Ce qui va se passer au sujet des retraites vaudra toutes les enquêtes d'opinion sur les présidentielles, le gouvernement le sait », jugeait pour sa part Bernard Thibault en juin.

Face à la détermination présidentielle, les syndicats sont décidés à retrousser les manches, ce qui augure d'une épreuve de force s'ils parviennent à mobiliser. Au congrès de la CGT à Nantes en décembre 2009, Bernard Thibault avait pris au mot Nicolas Sarkozy qui avait dit vouloir faire des retraites « le marqueur de la volonté de réforme de la majorité ». « Nous sommes bien décidés à en faire le marqueur de la volonté de résistance des salariés face à la mise en cause des garanties sociales », avait-il répliqué.

Les syndicats craignent qu'une éventuelle défaite sur les retraites ne précède d'autres remises en cause, dans un contexte d'austérité budgétaire. « Après les retraites, ce sera le tour de l'assurance maladie », a prédit Jean-Claude Mailly, le leader de Force ouvrière.

Au-delà, c'est l'avenir du syndicalisme qui est en jeu, alors que les forces qui le composent - CGT et CFDT au premier chef - travaillent depuis bientôt deux ans à redorer son blason par des pratiques et des manifestations unitaires.

Or, estime le chercheur Jean-Marie Pernot, spécialiste des syndicats, ceux-ci « sont confrontés à un certain scepticisme sur l'efficacité des rituels de protestation » et « n'ont pas vraiment les moyens de provoquer un grand mouvement de grève ».