Milliers d'infirmières contre l'Ordre

Publié le 27/01/2010
Plus de trois mille infirmières se sont rassemblés, hier en France, pour dénoncer la mise en place d'un Ordre professionnel.
Milliers d'infirmières contre l'Ordre
Milliers d'infirmières contre l'Ordre
Plus de trois mille infirmières se sont rassemblés, hier en France, pour dénoncer la mise en place d'un Ordre professionnel.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 27 Janvier 2010. / Lorraine / LActualité

A Paris, un millier de manifestants, pour la plupart en blouses blanches, ont défilé dans le froid, du ministère de la Santé jusqu'à l'Assemblée nationale, pour demander aux députés d'abroger l'Ordre des infirmiers instauré par une loi de 2006, sur le modèle de celui des médecins. Ils scandaient « abrogation des ordres professionnels » et « même gratuit on n'en veut pas ! », tandis qu'on pouvait lire « désobéissance infirmière » et « ni bonnes, ni nonnes, ni connes, ni ordres » sur deux banderoles. Huit rassemblements similaires se sont déroulés en province.Une trentaine de militants de Force ouvrière a protesté à Metz devant la préfecture contre la création de l'Ordre des infirmiers. Si l'intersyndicale FO, CGT, CFDT et CFTC a appelé à un rassemblement dans plusieurs grandes villes de France, la section mosellane de Force ouvrière n'a pu, pour des raisons internes, effectuer le déplacement à Strasbourg.
« Les revendications sont toujours les mêmes, rappelle Didier Birig, secrétaire général Force ouvrière du groupement départemental des services publics et santé de la Moselle. Les salariés des hôpitaux, publics ou privés, ont déjà des structures au niveau local et national, au contraire des infirmiers libéraux. » Le syndicat dénonce donc l'obligation faite aux infirmiers exerçant en milieu hospitalier d'adhérer à l'Ordre. Une légère évolution est tout de même apparue. « Effectivement, il y a un souci avec les infirmiers libéraux, qui n'ont rien pour résoudre les problèmes disciplinaires. Dans ce cas-là, l'Ordre est utile », analyse Didier Birig.
Une délégation de grévistes a été reçue au ministère avant le départ du cortège. « On nous renvoie à la loi, le ministère n'est qu'une caisse d'enregistrement », a rendu compte Sylvie Breuil, de la CGT, déclenchant les sifflets contre « la mascarade du gouvernement ». « Nous avons besoin de plus de moyens pour travailler, pas d'un Ordre », a-t-elle ajouté, annonçant que la profession infirmière engageait désormais « un bras de fer » avec le ministère de la Santé.