Mobilisation mitigée contre l'austérité

Publié le 12/10/2011
La journée d'action interprofessionnelle contre la politique d'austérité face aux déficits publics a connu un succès mitigé, hier.
Mobilisation mitigée contre l'austérité
Mobilisation mitigée contre l'austérité
La journée d'action interprofessionnelle contre la politique d'austérité face aux déficits publics a connu un succès mitigé, hier.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 12 Octobre 2011 / Région /

 

 

Au niveau national, la CGT a dit comptabiliser 270 000 manifestants. Photo MAXPPP

Les appels à la grève ont provoqué des perturbations limitées dans les transports et suscité peu d'échos dans le secteur public. Quant aux quelque 200 cortèges organisés, ils ont moyennement mobilisé. À Paris, le défilé a rassemblé 16 000 personnes selon la police, 25 000 selon les organisateurs.

Au niveau national, la CGT a dit comptabiliser 270 000 manifestants. Le ministère de l'Intérieur ne disposait pas de chiffres dans l'immédiat.

Modalités

« Cette journée d'action participe à la prise de conscience qu'il y a urgence (à) se donner les moyens pour infléchir les décisions néfastes du gouvernement », a estimé le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault qui participait au défilé organisé à Marseille. « Nous sommes de ceux », a-t-il indiqué, « qui considèrent qu'il ne faut pas attendre les élections » de 2012.

L'intersyndicale CGT, CFDT, UNSA, FSU et Sud-Solidaires avait appelé à se mobiliser contre « le caractère injuste et inéquitable », selon les syndicats, des mesures d'économie annoncées le 24 août dernier par le Premier ministre François Fillon. Mais les cinq organisations n'avaient pas réussi à s'entendre sur les modalités d'action de la journée au niveau national, laissant leurs syndicats décider seuls localement et dans les différents secteurs. Sur le front des grèves, hier après-midi, dans les transports parisiens le trafic était normal sur toutes les lignes de métro, quasi-normal pour les bus, les tramways et le RER A, les seules perturbations notables étant enregistrées sur la ligne B du RER avec un train sur trois en circulation selon la direction de la RATP.

À la SNCF, où des préavis de la CGT et de Sud-Rail avaient été déposés, le trafic était conforme aux prévisions, selon la direction, avec une moyenne de trois TGV sur quatre en circulation, deux Transilien sur trois aux heures de pointe et une moyenne de trafic similaire pour les TER. En revanche, le trafic international était normal. À la mi-journée, la direction de la SNCF faisait état de 20,57 % de grévistes. Dans les transports urbains en province, le trafic a été sérieusement perturbé dans six villes (Nice, Cannes, Maubeuge, Reims, Pau et Poitiers), selon l'Union des transports publics (UTP) alors que des préavis de grève avaient été déposés dans 39 villes.

Dans l'Éducation nationale, où des préavis de grève FSU, CGT et Sud-Education avaient été déposés, le ministère enregistrait un taux de 3,25 % de grévistes (premier et second degré confondus). Le gouvernement faisait également état de 6,43 % de grévistes dans la fonction publique d'État (hors Éducation nationale), de 6,8 % pour la fonction publique territoriale et de 3,83 % pour la fonction publique hospitalière.

Dans la rue, ce sont au total 193 défilés et rassemblements qui étaient prévus selon la CGT. On comptait 5 300 manifestants à Marseille selon la police, 30 000 selon les organisateurs, entre 3 500 et 10 000 selon les sources à Lyon derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire : « La crise c'est eux, ce n'est pas à nous de la payer », ou encore de 3 200 à 5 000 à Toulouse soit autant que lors de la journée de mobilisation de l'Éducation nationale le 27 septembre. Il y avait également 5 000 manifestants à Grenoble, selon la CGT.