Montebourg : pour des « actions communes »

Publié le 17/07/2012
Le ministre Arnaud Montebourg appelle les autres Européens à la rescousse pour contrer la stratégie industrielle de Mittal.
Montebourg : pour des « actions communes »
Montebourg : pour des « actions communes »
Le ministre Arnaud Montebourg appelle les autres Européens à la rescousse pour contrer la stratégie industrielle de Mittal.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 17 Juillet 2012 / Région /

 

 
Je cherche à construire une réaction des Etats face à la puissance d'un groupe comme ArcelorMittal. » Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, en visite hier à Luxembourg, a rencontré son homologue grand-ducal Etienne Schneider pour l'inciter à engager « des actions communes » afin de contrer la politique industrielle du groupe ArcelorMittal. Une démarche qui semble porter ses fruits. Le ministre luxembourgeois a ainsi confirmé une volonté commune « entre la France, la Belgique et le Luxembourg pour trouver des pistes afin d'éviter que des sites de production soient fermés même s'ils s'avèrent plutôt rentables. » Jugeant prématuré de dévoiler ces pistes, il a néanmoins annoncé une rencontre à Paris en septembre entre les ministres belge, luxembourgeois et français pour examiner « la possibilité de légiférer » contre la fermeture de sites industriels. Arnaud Montebourg doit aussi se rendre en Espagne et en Allemagne. « Je pense que c'est la bonne façon d'aborder ce problème. Il faut une position commune, une réponse européenne face à Mittal », juge Edouard Martin, de la CFDT. En attendant la riposte des Etats, ArcelorMittal continue dans sa stratégie de réduction des coûts.
Un emploi sur trois

Un vaste plan de diminution d'effectifs est à l'étude d'ici 2014 dans les fonctions support de l'entreprise au sein de la division des plats carbone Europe. Un comité d'entreprise le 11 juillet à Luxembourg a évoqué une pré-étude menée avec le concours du cabinet d'expertise Mac Kinsey. Elle vise, selon la CFE/CGC, dans le cadre d'un plan LEAP, à analyser un périmètre de 11 fonctions supports (services généraux, ressources humaines, logistique, achats approvisionnements, informatique, communication, finances et comptabilité, etc.) comprenant environ 12 000 personnes. Selon Yves Fabbri, de la CGT à Florange, « un emploi sur trois serait supprimé. Cela ferait quelques milliers en Europe, des centaines peut-être en Lorraine. » Pour Xavier Lecocq (CFE/CGC), « ce plan étalé jusqu'en 2014 est certes moins brutal, mais il va peser sur le travail des gens qui vont rester. C'est déjà très difficile aujourd'hui dans bon nombre de métiers comme les ressources humaines. » Selon la CFE/CGC, « entre 150 et 200 emplois seraient touchés dans les fonctions support à Florange. »

Pour mémoire, ArcelorMittal avait engagé, en 2009, un plan similaire à l'échelle du groupe avec 9 000 suppressions d'emplois, sous forme de départs volontaires, dont 1 400 en France et moins de 400 en Lorraine. « La curée continue », réagit Edouard Martin, qui rappelle que ces fonctions support représentent 4,7 % du chiffre d'affaires du groupe. « Et Mittal veut le ramener à 2,5 %. »