Morcellement

Publié le 22/10/2011
Les fonctionnaires ont eu leurs « primaires » mais à la différence des socialistes, elles n'ont pas dégagé un avantage décisif pour tel ou tel participant. Et la participation « potentielle » a été plus que médiocre.
Morcellement
Morcellement
Les fonctionnaires ont eu leurs « primaires » mais à la différence des socialistes, elles n'ont pas dégagé un avantage décisif pour tel ou tel participant. Et la participation « potentielle » a été plus que médiocre.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 22 Octobre 2011 / IG

Il est vrai que le paysage syndical des fonctions publiques d'Etat et hospitalières seules concernées par le vote, jeudi, est traditionnellement morcelé, sinon balkanisé. Tout au plus peut-on dégager des tendances générales mesurant l'influence respective des « réformistes » et des « radicaux », ce dernier terme convenant plus que « révolutionnaires » pour caractériser des syndicats comme la FSU, la CGT et SUD qui refusent quasi systématiquement toute signature d'accord. Au vu des premiers résultats, les spécialistes estimaient que le bloc « réformiste » avait légèrement progressé au travers des scores de FO, l'UNSA et la CFDT, tandis que du côté des « radicaux » la FSU se maintiendrait - grâce à son poids dans l'Education nationale - et la CGT continuerait de s'éroder soumise à la concurrence des jusqu'au boutistes de SUD, particulièrement à La Poste.

Cet aperçu des résultats - qui ne prennent pas en compte la fonction publique territoriale appelée aux urnes en 2014 - doit être cependant nuancé par la nature de FO. On range cette confédération parmi les « réformistes » mais elle se manifeste surtout - du moins au niveau national - par une intransigeance et un extrémisme parfois supérieurs à celui de la CGT. Une « radicalité » du discours qui ne l'aide guère à se maintenir dans le secteur privé, mais trouve un certain écho chez des fonctionnaires soumis à une Révision générale des politiques publiques (RGPP) destinée à faire passer la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Le paradoxe est que FO est le seul syndicat à ne pas avoir signé les accords de Bercy de 2008 sur « la rénovation du dialogue social » qui ont mis en place les élections de jeudi destinées à instaurer une représentativité syndicale analogue à ce qui existe désormais dans le privé. Autant dire que quel que soit le résultat de la présidentielle, le dialogue social dans « les » fonctions publiques risque de rester un sport de combat.

Jean-Michel HELVIG.