Neo Sécurité au bord de la faillite

Publié le 26/04/2012
Le n°2 de la sécurité demande un prêt relais de 15 millions d'euros
Neo Sécurité au bord de la faillite
Neo Sécurité au bord de la faillite
Le n°2 de la sécurité demande un prêt relais de 15 millions d'euros

© L'Est Républicain, Jeudi le 26 Avril 2012 / France-Monde + Vosges Matin

 

 

À une dizaine de jours du second tour, Neo Sécurité, spécialisée dans le gardiennage sous toutes ses formes, fait appel aux pouvoirs publics pour éviter la plus grosse faillite du quinquennat qui pourrait mettre près de 5.000 salariés au chômage. La direction du groupe, n° 2 de la sécurité derrière le suédois Securitas, estime qu'elle aurait « juste besoin d'un prêt relais de 15 millions d'euros » pour éviter la casse sociale. Les syndicats restent sceptiques et dénoncent une gestion « douteuse » ou « hasardeuse » du patron.

Mardi, l'avocat du groupe a déposé une déclaration de cessation de paiement au tribunal de commerce de Paris, appelant l'État à venir à son secours. L'État est « très attentif » à la situation et se dit prêt, via la Caisse des dépôts (CDC), à « apporter son soutien à tout investisseur sérieux et crédible permettant de conforter » le groupe, selon le ministère de l'Industrie. Pour premier élément de preuve, Nicolas Sarkozy s'est même dit disposé à recevoir les dirigeants du groupe.

« Nous étions pourtant en bonne voie pour résorber nos dettes. Sur le premier trimestre, nous sommes pratiquement à l'équilibre », a déclaré Jean-Michel Houry, président de Neo Sécurité qui espère également une suspension provisoire de sa dette fiscale et sociale (40 millions d'euros). « Nous avons racheté en 2009 cette société détenue par G4S, cette entreprise allait à vau l'eau et perdait plus de 3,5 millions d'euros par mois, et (aujourd'hui) moins de 350.000 EUR», a ajouté Jean-Michel Houry qui détient 30 % des parts du groupe.

Un ancien dirigeant de la Brink's

La direction de l'entreprise n'exclut pas quelques licenciements, l'objectif étant de réduire de 20 % les coûts globaux de l'entreprise.

Neo Sécurité avait été constituée en mars 2009 lorsque M. Houry, un ancien dirigeant de la Brink's, et d'autres cadres avaient repris les activités françaises, très déficitaires, du groupe britannique G4S.

La restructuration envisagée au moment de la reprise ayant pris du retard, Neo Sécurité avait été placée en procédure de sauvegarde en mars 2011.

Les difficultés du groupe ont été aggravées par le renoncement du fonds d'investissement français IPE, qui devait apporter 25 millions d'euros en deux étapes en échange de 70 % du capital. Mais, le repreneur a jeté l'éponge début avril, estimant que le besoin réel de financement était plus proche de 40 millions.

À l'annonce de la déclaration de cessation de paiement, les syndicats CFDT, CGT et Unsa ont dénoncé la gestion « douteuse » ou « hasardeuse » du patron mettant également en avant les salaires « extravagants » des dirigeants et les frais de structure du siège social, qui « plombent les comptes de l'entreprise ».

« Cela fait vingt ans que je travaille dans cette entreprise, je n'ai jamais vu cela, le train de vie de nos dirigeants est affolant. M. Houry a la folie des grandeurs », a dit Adrien Leforestier, délégué central CFDT.

Pour le syndicat, FO, « aucun salarié ne doit subir les conséquences de cette gestion ». Le syndicat a également souligné le manque de concertation des instances représentatives.

De son côté, le syndicat national des entreprises de sécurité, temporise et déclare dans un communiqué que « l'éventuelle liquidation » [...] «ne devrait pas, pour autant, se traduire par la perte définitive des emplois » parce que « l'essentiel des salariés sera, comme de coutume en la matière, rapidement repris par d'autres acteurs privés ».