Niveau de vie des retraités : des progrès inégaux

Publié le 24/02/2010
Les retraités sont attendus aujourd'hui dans la rue à l'appel des syndicats parce qu'ils « constatent une baisse continue de leur pouvoir d'achat ». Cependant, une étude montre que leur niveau de vie a progressé.
Niveau de vie des retraités : des progrès inégaux
Niveau de vie des retraités : des progrès inégaux
Les retraités sont attendus aujourd'hui dans la rue à l'appel des syndicats parce qu'ils « constatent une baisse continue de leur pouvoir d'achat ». Cependant, une étude montre que leur niveau de vie a progressé.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 24 Février 2010 / IG /

Même si le niveau moyen des retraites a augmenté en trente ans, les personnes âgées sont confrontées à certaines situations mettant à mal leur pouvoir d'achat : décès du conjoint, santé, maison de retraite etc. Photo Julio PELAEZ

Le niveau de vie moyen des retraités est bien meilleur qu'il y a trente ans, ce qui n'empêche pas nombre d'entre eux d'avoir du mal à joindre les deux bouts, soulignent les associations, ainsi que les syndicats qui manifestent aujourd'hui pour la défense de leur pouvoir d'achat. Selon les derniers chiffres de la Drees (direction des études des ministères sociaux), la retraite moyenne totale (y compris la retraite complémentaire) était de 1 288 euros fin 2004 pour l'ensemble des retraités.

« Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie moyen des retraités est proche de celui des actifs », constate le Conseil d'orientation des retraites (COR), dans un rapport, même si, pour chaque individu, le départ à la retraite se traduit généralement par une baisse de revenu. Si l'on prend en compte les revenus du patrimoine, les placements financiers et immobiliers et les loyers non versés par les retraités propriétaires, leur niveau de vie moyen apparaît même comme légèrement supérieur à celui des actifs. L'amélioration est sensible par rapport à la situation des années 1970, où selon le COR le niveau de vie moyen des retraités ne représentait que 62 % de celui des actifs. « Le taux de pauvreté des personnes de 60 ans et plus, après avoir fortement baissé (il dépassait 30 % en 1970) se maintient entre 1996 et 2007 aux alentours de 10 %, soit un niveau inférieur à celui de l'ensemble de la population », relève aussi le COR.

Fragilité

Cependant, avec la concentration du patrimoine, de fortes inégalités entre les retraités, au détriment notamment des femmes. Ces données semblent en contradiction avec l'expérience des associations caritatives qui disent voir de plus en plus de retraités. Denis Piard, directeur de l'action sociale de la Croix Rouge. cite une enquête de l'association en 2009 dans 40 délégations sur le territoire : en dix-huit mois, les personnes âgées sont passées de 3-4 % des populations sollicitant une aide, alimentaire ou autre, à 13 %. « Elles semblent de plus en plus fragiles : la mort d'un conjoint ou l'augmentation brutale d'un loyer peut les plonger dans une grande précarité, même si leur retraite les fait figurer au-dessus du seuil de pauvreté », qui est d'environ 900 euros.

Pour Michel Devacht, secrétaire général de la CFDT-retraités, les personnes âgées sont confrontées à des situations particulières, comme le coût de leur santé déclinante ou celui des maisons de retraite « de 1 500 à 3 000 euros ». « Pour conserver sa complémentaire santé d'entreprise cela peut coûter 300 euros par mois, c'est énorme ».

L'une des revendications des syndicats est de revenir sur la méthode de revalorisation annuelle des pensions liquidées, basée depuis 1993 sur l'inflation et non plus sur l'évolution des salaires. Selon une étude de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), « un retraité qui percevait déjà sa pension en 1994 a eu une pension inférieure de 8 % en 2003 suite à l'indexation sur les prix, comparativement à une indexation qui aurait été faite selon l'évolution du salaire moyen ».