Note salée dans la restauration

Publié le 06/12/2009
Les patrons des cafés-restaurants lâchent dans la douleur des avantages financiers à leurs employés. Pas assez, semble-t-il.
Note salée dans la restauration
Note salée dans la restauration
Les patrons des cafés-restaurants lâchent dans la douleur des avantages financiers à leurs employés. Pas assez, semble-t-il.
Stéphane Fustec de la CGT refuse l'accord.

Les patrons des cafés-restaurants, critiqués pour ne pas avoir assez fait profiter les consommateurs de la baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 %, peinent aussi à convaincre la plupart des syndicats de salariés qu'ils en feront en revanche largement bénéficier leur personnel. Dix-sept heures de négociations dans la nuit de lundi à mardi ont débouché sur un accord salarial au petit matin signé par seulement deux syndicats sur cinq (CFDT et CFE-CGC) mais refusé par les trois autres (CGT, FO, CFTC), ce qui risque d'empêcher sa mise en œuvre.
Légalement, un accord social ne peut en effet entrer en application si une majorité de syndicats s'y opposent, ce qui sera le cas si CGT, FO, et CFTC, font jouer leur droit d'opposition. Une des principales dispositions de l'accord est le versement pendant trois ans, à compter du 1er juillet, d'une prime annuelle égale à 2 % du salaire annuel brut et plafonnée à 400 euros.
Mais sur les 800.000 salariés du secteur, les saisonniers sont exclus de la prime, soit 200.000 personnes selon les syndicats non signataires, ainsi que les salariés de moins d'un an d'ancienneté. En outre, seuls les salariés des cafés-restaurants ne la percevront qu'en totalité. Ceux des hôtels, où la baisse de la TVA ne concerne que les petits-déjeuners, en recevront 25 % et ceux des hôtels-restaurants 50 %.
L'accord prévoit aussi une revalorisation moyenne de la grille des salaires de 6 % (mais qui correspond à des hausses réelles inférieures, beaucoup de niveaux salariaux étant jusque là inférieur au Smic), la garantie que son premier niveau soit supérieur au Smic, le rajout de deux jours fériés supplémentaires, ainsi que la mise en place d'une mutuelle de santé. Ce texte « historique » représente « un milliard d'euros de pouvoir d'achat pour les salariés » et avec les charges, 1,35 milliards de coût pour les employeurs, ont souligné hier les signataires, chiffre contesté par les trois contestataires.

Mercredi 02 décembre 2009, © L'Est Républicain / FRANCE