Nouvelle année de modération salariale

Publié le 19/03/2011
Les négociations dans les entreprises font apparaître une nouvelle année de faible progression pour les salaires, ce qui génère de l'amertume chez les personnels et parfois des conflits, les attentes des salariés étant très fortes.
Nouvelle année de modération salariale
Nouvelle année de modération salariale
Les négociations dans les entreprises font apparaître une nouvelle année de faible progression pour les salaires, ce qui génère de l'amertume chez les personnels et parfois des conflits, les attentes des salariés étant très fortes.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 19 Mars 2011 / IG

Aon Hewitt, cabinet de conseil en ressources humaines, confirme dans une nouvelle enquête que les augmentations de salaire avoisineront en moyenne 2,6 % en 2011. « Les prévisions d'augmentations globales de salaire se maintiennent à un niveau faible malgré des signes de reprise économique [...]», note Aon Hewitt. Durant les trente dernières années, les hausses étaient autour de 3,3 à 3,5 % en moyenne, selon le cabinet. Elles ont été de 2,6 et 2,7 % en 2010 et 2009.

« Nous sommes plutôt sur une moyenne de 3 % d'augmentation des budgets de rémunération », estime Jean-Christophe Sciberras, président de l'Association nationale des DRH. Aux augmentations de salaire, « il faut ajouter des primes ponctuelles et uniformes, c'est-à-dire versées à tous les salariés, qui ont tendance à se multiplier », note-t-il. Alors que l'inflation devrait avoisiner les 2 % en 2011, Aon Hewitt précise même que les augmentations collectives, celles qui sont prisées par les syndicats, seront de seulement 1,4 % en moyenne, soit un peu mieux que l'an dernier (0,8 %). Dans ce contexte de modération, les négociations dans les très grosses entreprises françaises, qui ont globalement renoué avec les bénéfices en 2010, ont parfois abouti à un consensus un peu plus favorable. Chez L'Oréal, l'un des fleurons du CAC 40, la hausse générale va être de 2 %, et de 4,7 % en incluant les augmentations individuelles. Dans le secteur bancaire (380 000 salariés), un accord de branche assurant une revalorisation des minima de 4 % a été signé. Chez les constructeurs automobiles, PSA Peugeot Citroën et Renault ont validé 3 % de hausse de masse salariale.

Ailleurs, où les propositions sont moins généreuses, de nombreuses entreprises ont dû faire face ces dernières semaines à des conflits : Thalès, Alcatel-Lucent, Decaux, Faurecia, Mondadori, DCNS (chantiers navals), Lyonnaise des Eaux ou Intermarché notamment. Selon Roland Tutrel, délégué CFDT chez Alcatel-Lucent, les salariés veulent « au moins des augmentations cohérentes avec le coût de la vie ». Cette préoccupation autour du pouvoir d'achat est omniprésente malgré une inflation maîtrisée en 2010 (1,5 %). « Les attentes sur les salaires sont notamment renforcées par la hausse du prix des carburants, premier indicateur de perception de la hausse des prix », relève Jean-Christophe Sciberras.