Nouvelle passe d'armes à l'Assemblée

Publié le 10/09/2010
L'opposition a proclamé vouloir « démystifier les mensonges » de Nicolas Sarkozy. Eric Woerth a répliqué en dépeçant le contre-projet socialiste.
Nouvelle passe d'armes à l'Assemblée
Nouvelle passe d'armes à l'Assemblée
L'opposition a proclamé vouloir « démystifier les mensonges » de Nicolas Sarkozy. Eric Woerth a répliqué en dépeçant le contre-projet socialiste.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 10 Septembre 2010 / IG
 

 

Le ministre a attaqué de front le contre-projet du PS. Photo AFP

Les députés devaient voter dans la nuit le coeur de la réforme des retraites : le relèvement de l'âge légal de 60 à 62 ans à l'horizon 2018.

Entre-temps, le débat a rebondi sur les annonces, la veille, du chef de l'Etat, qui avait tenté de désamorcer la mobilisation avec des concessions sur la pénibilité, les polypensionnés et les carrières longues.

Pascal Terrasse (PS) a dit vouloir « démystifier les mensonges qui ont été annoncés par le président ». L'élu de l'Ardèche a pris pour exemple un amendement gouvernemental prévoyant la remise au Parlement d'un rapport fin 2011 sur la situation des salariés ayant cotisé à plusieurs régimes de retraite (les polypensionnés). « Vous êtes en train de nous raconter des balivernes », a-t-il affirmé.

De même, les députés PS ont tiré à boulets rouges sur l'annonce-phare du chef de l'Etat concernant la pénibilité.

Alain Vidalies (PS) a dénoncé « des textes écrits à la va-vite et une usine à gaz. Le gouvernement invente un système où il faudra que le salarié aille devant une commission. »

Nouvel appel à la grève

Le ministre Eric Woerth a attaqué de front le contre-projet du PS. « Martine Aubry propose qu'on reste à 60 ans mais avec une décote. Cela veut dire une super baisse des pensions pour une super injustice ? C'est cela votre proposition ? » a-t-il lancé à l'opposition. « Vous avez un projet fiscal qui n'est pas financé. Vous voulez augmenter l'IS (l'impôt sur les bénéfices des sociétés) des banques, mais il faudrait l'augmenter de 70 % », a poursuivi l'ancien ministre du Budget, pour qui « les recettes dans le projet du PS sont fantaisistes ».

Côté syndicats, la mobilisation contre la réforme ne faiblit pas face à la fermeté du gouvernement mais, derrière l'unité d'action, les centrales, partagées sur la suite à donner au mouvement, hésitent à le radicaliser. Après les manifestations qui ont rassemblé mardi entre 1,12 et 2,7 millions de personnes, la CGT et la CFDT ont appelé, avec quatre autres confédérations (CFTC-CFE/CGC-FSU-Unsa), à descendre à nouveau dans la rue le