Nucléaire

Publié le 20/03/2012
Les salariés de Fessenheim conspuent Hollande
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Les salariés de Fessenheim conspuent Hollande

© Vosges Matin, L'Est Républicain Mardi le 20 Mars 2012 / Région Vosges / PARIS

Une quarantaine de salariés de la centrale de Fessenheim ont hué François Hollande à la sortie de son QG.

(Photo MAXPPP)

François Hollande a été hué hier à la sortie de son QG de campagne par une quarantaine de salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), dont il préconise la fermeture, à l'issue d'un entretien avec plusieurs de leurs représentants.

Le candidat PS à l'Elysée, qui s'apprêtait à se rendre sur le site de la tuerie de Toulouse (lire en page 30 et 31), est sorti de ses locaux de campagne sous les sifflets et cornes de brume. « C'est Louis XVI qui s'en va ! », « Casse-toi sale vendu ! », lui ont lancé des salariés, venus d'Alsace en car tôt dans la matinée.

Auparavant, François Hollande avait reçu pendant environ une heure l'intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC) de la centrale, la plus ancienne du parc nucléaire français, dont il a inscrit la fermeture dans son programme.

Le candidat a toujours assuré que s'il était élu, il n'y aurait aucune suppression d'emplois sur le site, grâce à des reconversions nécessaires pour assurer le démantèlement.

Après le départ précipité de M. Hollande, c'est Stéphane Le Foll, chargé de l'organisation de la campagne, qui a assuré la fin de la réunion.

A son issue, il a indiqué à la presse que le message de M. Hollande aux salariés était « celui de l'écoute, du dialogue et de la concertation ». Sans revenir sur la décision de fermeture, il les a assurés qu'il n'y aurait « pas de décision brutale », « du jour au lendemain », a indiqué le responsable PS.

M. Hollande a également promis « un groupe de travail pour poursuivre les discussions » et réitéré « l'engagement qu'il n'y aurait pas sur le site de suppressions d'emplois », a précisé M. Le Foll.

Clément Schneider, secrétaire de la CGT de Fessenheim, a lui souligné que François Hollande n'était « pas revenu » sur « le principe de fermer en tout premier lieu » la centrale alsacienne. « Nous, notre boulot c'est de rester dans un débat le plus rationnel possible » et de le convaincre de « ne pas faire cette grosse bêtise de sacrifier Fessenheim sur l'autel d'un accord électoral avec les écologistes ».

« Ne me faites pas dire que la CGT est pro-Sarkozy parce que Sarkozy souhaite maintenir Fessenheim », a tenu à préciser le syndicaliste. « Nous, on sait quelles sont les forces de progrès dans le pays, on essaie de les convaincre, c'est avec elles qu'on fera avancer l'économie et l'industrie française », a-t-il dit.

Sylvain Bouillot, délégué CFE-CGC, a de son côté évoqué « une décision subie de François Hollande qui essaie tant bien que mal de s'en sortir ». Déplorant « un bilan amer pour les salariés », il a demandé au candidat PS de « ne pas imposer une fermeture de Fessenheim comme un scalp qu'on donnerait aux élus verts ».