Numérique à l'école : une ambition et peu de moyens

Publié le 26/11/2010
Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a présenté hier plusieurs mesures pour que l'école « prenne le train du numérique ». Mais cette ambition est limitée par les restrictions budgétaires.
Numérique à l'école : une ambition et peu de moyens
Numérique à l'école : une ambition et peu de moyens
Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a présenté hier plusieurs mesures pour que l'école « prenne le train du numérique ». Mais cette ambition est limitée par les restrictions budgétaires.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 26 Novembre 2010 / IG
 

 

Le système éducatif français est en retard par rapport à ses voisins. Photo Anthony PICORÉ

Portail internet mutualisant les ressources, responsable formation, aide aux industriels du secteur, telles sont les principales mesures du plan de Luc Chatel pour le numérique à l'école, qui laisse aux collectivités locales le soin d'assurer l'équipement et la maintenance du matériel des établissements scolaires.

Attendu depuis avril, ce plan triennal, qui repose sur 60 millions d'euros de crédits d'Etat existants, fait suite à 70 « propositions concrètes » émises en février par le député (UMP) Jean-Michel Fourgous au ministre pour que le système éducatif français rattrape son retard par rapport à ses voisins.

La France est au huitième rang européen pour l'équipement des établissements en Technologies de l'Information et de la Communication à l'Ecole (Tice), mais au vingt-quatrième rang sur 27 pour leur utilisation, a rappelé Luc Chatel.

« Notre école doit prendre le train du numérique », a-t-il lancé, estimant que les Tice permettent d'« améliorer les résultats des élèves » et de « transformer les pratiques pédagogiques » des enseignants.

Un référent

Première mesure, un « portail ministériel » va être mis en place à la rentrée, qui référencera toutes les ressources pédagogiques numériques disponibles, par discipline et type de produits : ressources de l'édition publique, privée (manuels scolaires par exemple), associative.

Pour pouvoir acquérir des ressources payantes, les établissements seront dotés de « chèques-ressources », d'un montant allant de 500 euros annuels pour une école à 2 500 euros pour un lycée.

Deuxième volet : dans chaque collège et lycée sera nommé un « responsable numérique », chargé d'identifier les besoins de formation de ses collègues et d'y répondre, soit directement, soit en les orientant vers les plans de formations dispensés dans l'académie.

Dans le cadre du grand emprunt, un appel à projet « recherche et développement » sera lancé début 2011 pour « accélérer les capacités d'innovations des acteurs industriels » dans le domaine des Tice. Son montant n'a pas été précisé.

L'Etat a par ailleurs « renforcé » ses relations avec les collectivités locales, a assuré Luc Chatel. Selon lui, une convention de partenariat va être signée avec l'Association des départements de France le 9 décembre, dans laquelle ces derniers s'engagent à « assurer la maintenance » du matériel. Un accord de même type doit être « rapidement » conclu avec les régions.

Au total, « 60 millions d'euros sur trois ans » vont être « redéployés », pour financer le plan, a précisé le ministre, évoquant la « contrainte » budgétaire.

Les syndicats d'enseignants ont regretté le manque de moyens, de sorte qu'« on risque d'en rester aux bonnes intentions », a affirmé le Sgen-CFDT. Avec le SE-Unsa, il a rappelé que les crédits de formation continue, dans le budget 2011, allaient être divisés par deux.