Opposés mais peu mobilisés

Publié le 29/05/2010
Les syndicats espéraient réussir « une très grosse » mobilisation contre le projet du gouvernement de reculer l'âge de départ à la retraite à 60 ans. Mais le gouvernement est parvenu à y échapper.
Opposés mais peu mobilisés
Opposés mais peu mobilisés
Les syndicats espéraient réussir « une très grosse » mobilisation contre le projet du gouvernement de reculer l'âge de départ à la retraite à 60 ans. Mais le gouvernement est parvenu à y échapper.

© L'Est Républicain, Vendredi le 28 Mai 2010 / Ouverture France-Monde 

Avec des cortèges moins imposants qu'en 2009, le gouvernement est parvenu à échapper une mobilisation massive contre le projet de reculer l'âge de départ à la retraite à 60 ans, Cependant les organisateurs (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires) ont atteint l'objectif de « faire mieux » que lors de la dernière mobilisation du 23 mars (800.000 manifestants selon la CGT, 380.000 selon la police). Mais ils n'ont pas franchi de palier, même si le nombre de manifestants approchait la barre du million en France, selon les syndicats. Le ministère de l'Intérieur annonce quant à lui moins de 400.000 personnes dans les rues.

Test avant septembre

Le véritable rendez-vous aura lieu en septembre, lorsque la réforme des retraites viendra devant le Parlement, une fois les vacances passées, après la présentation de son contenu autour du 20 juin suivie du passage au Conseil des ministres le 13 juillet. La manifestation parisienne a rassemblé 90.000 personnes selon la CGT, et 22.000 personnes jeudi, selon la police. Organisateurs et police ont aussi fourni des estimations diamétralement divergentes à Marseille (80.000 et 12.000 manifestants respectivement) et à Bordeaux (40.000, 6.500) où l'humour était décliné sous toutes ses formes sur les pancartes : « travailler jusqu'à 67 ans, d'accord mais je commence quand ? », « La retraite avant Alzheimer ». Les cortèges ont été bien fournis à Lyon, Nantes, Rouen, Grenoble, ainsi que dans de nombreuses villes secondaires, comme Foix, Perpignan, Pau (7 à 8.000). Dans d'autres villes, la mobilisation a été en net retrait par rapport au 23 mars, comme à Rennes (de 2 à 4.000).

Ce rendez-vous a valeur de test de la résistance syndicale à la réforme des retraites, sujet qui éclipse les deux autres thèmes à l'ordre du jour des manifestations : l'emploi et les salaires. « Ce qui va se passer aujourd'hui est assez déterminant pour la suite des événements », a souligné le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, appelant à « la résistance » et à « une très grosse journée de protestation ». « Il n'y a plus que le rapport de force dans la rue » pour changer la donne, a-t-il ajouté.