Pas de hausse de la CSG pour les retraités

Publié le 03/06/2010
Pourquoi refuser de parler de rigueur, dans ce contexte?
Pas de hausse de la CSG pour les retraités
Pas de hausse de la CSG pour les retraités
Pourquoi refuser de parler de rigueur, dans ce contexte?

L'Est Républicain, Jeudi le 03 Juin 2010 / Spéciale

 

 

J'ai toujours appelé un chat un chat. Quand ailleurs en Europe des Etats baissent les rémunérations des fonctionnaires ou augmentent les impôts, c'est de la rigueur. Pour l'instant, en France, vu les perspectives économiques et les mesures prises, nous pouvons échapper à des mesures de ce type. A condition de ne pas tarder à agir. Et de le faire avec discipline. Sans sacrifier les investissements d'avenir.

Graver dans la constitution un retour à l'équilibre budgétaire, n'est-ce pas un gadget ou un coup politique puisque la gauche ne votera pas avec la majorité ?

On disait déjà cela pour la précédente réforme... Franchement, qui pourrait être contre ? Et qui pourrait s'opposer à ce que toutes les décisions à caractère fiscal soient discutées au moment du budget ? Cette règle, je vous l'annonce, le gouvernement a décidé de l'appliquer dès aujourd'hui.

Cela signifie-t-il que les ministres ne pourront plus créer d'avantages fiscaux en catimini ?

Oui. Il faut mettre fin à cette mauvaise habitude. Défendre la souveraineté nationale, c'est redresser nos finances publiques. Les ministres doivent être fiers de dépenser moins.

Vous avez rappelé la règle du non-remplacement du départ en retraite d'un fonctionnaire sur deux. Pour l'Education nationale, une note préconise de regrouper des écoles rurales et d'accroître les effectifs des classes...

Ce sont des pistes de réflexion. Je constate que le nombre d'élèves a beaucoup baissé depuis le début des années 1990 quand le nombre d'enseignants augmentait. Il existe donc une marge de réorganisation.

Quitte à toucher aux effectifs des enseignants devant la classe ?

Peut-être a-t-on commencé par le plus facile, le plus criant, comme les enseignants sans affectations. Il faut aller plus loin sans toucher à la qualité de l'enseignement.

Reporter l'âge légal de la retraite, n'est-ce pas pénaliser ceux qui ont commencé à travailler tôt ?

Ce serait un très mauvais service à rendre aux Français, notamment les plus modestes, que de faire preuve de démagogie sur cette question. S'il n'y a pas allongement de la durée d'activité, il y aura baisse des pensions. Quant à ceux qui ont commencé à travailler tôt, j'ai fait voter, en 2003 et à la demande de la CFDT, des mesures en leur faveur. Il n'est pas question de revenir sur l'idée que ceux qui ont fait des carrières longues doivent pouvoir bénéficier d'un départ anticipé. Mais si on fait bouger l'âge légal, on fait bouger tout en même temps.

Les Français ont du mal à comprendre ce report de l'âge légal, alors que les entreprises incitent les seniors à partir...

Sur ce sujet, la France a fait des progrès ; elle se rapproche de la moyenne européenne. Repousser l'âge légal n'aggrave pas la situation, au contraire : c'est lorsque le salarié approche de l'âge de la retraite que la pression est la plus forte. Il faut aussi que les entreprises changent, en adaptant des postes de travail à l'âge des salariés. Elles y ont intérêt, sinon elles risquent de voir leurs cotisations augmenter.

La présidente du Medef propose d'augmenter l'âge légal de la retraite d'un semestre par an. Qu'en pensez-vous ?

La question du rythme est en débat. Mais si nous voulons sécuriser le régime sur une durée la plus longue possible, il faut aussi ne pas déstabiliser les salariés qui sont très proches de la retraite. Il faut trouver un compromis. L'acceptabilité de la réforme passe par sa progressivité.

Avant cela, tout le monde ne devra-t-il pas payer pour combler le trou de la Sécu ?

Il y a plusieurs solutions possibles, mais rien n'est décidé.

Un rapport du Sénat propose d'augmenter la CSG pour les retraités imposables...

Cela ne fait pas partie des propositions du gouvernement.